Désormais, des extraits, portant particulièrement sur des sujets politiques du bloc-notes de Paul-Marie Coûteaux figureront sur le blog du RIF « Le Quotidien de Babylone », actualisé plusieurs fois par semaine. Rappelons que ce bloc-notes est aussi consultable sur le site  www.pmcouteaux.org et que les extraits relatifs aux affaires européennes paraissent dans le mensuel « L'Indépendance ».   

 

Lundi 15 juin 2009

Dimanche 31 mai 2009 ; Mirebeau. Pentecôte, célébration de l’Esprit Saint, autre fameux symbole; car c’est bien le Saint Esprit qui éclaire le Fils, et surtout le Père, et nous permet, sinon de les connaître, du moins de les com-prendre…

 

Temps radieux; fleurs de tous les côtés; dans la maison des roses dans de petits vases, d’autres et dans de plus hauts… J’ai pris aujourd’hui quelques photographies, comme pour mieux voir les beaux jours, et peut-être les retenir. Les tombées de nuit sont comme à leur habitude, profuses en douceurs qu’il est bien impossible, elles, de capter; dans les dernières lueurs du jour, il plane sur le jardin une atmosphère indéfinissable, imprenable par quiconque, et de quelque façon que ce soit. Arriverais-je à saisir les couleurs, à décrire les derniers chants d’oiseaux et la douceur du vol presqu’invisible des chauve souris, arriverais-je à dire cette douceur infinie, je ne dirais encore presque rien.

 

Mardi 2 juin  2009 ; Paris.  Un militant du RIF a relevé cette phrase sur France Culture dans la bouche de Jean-Claude Casanova dissertant sur les progrès  que l'Europe accomplira par le traité de Lisbonne en ajoutant : "Sans oublier que les Irlandais ne se sont pas encore exprimés". Pas un des participants au débat, si débat il y a sur France Culture, n'a relevé que les Irlandais  s'étaient déjà bel et bien exprimés. Quand tout, partout, atteint ce niveau d'imposture, autant tirer son rideau.

 

           

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Lundi 15 juin 2009

Dimanche 24 mai 2009 ; Mirebeau. Lectures en désordre, prises, laissées, reprises un autre moment, à la paresseuse : Saint-Robert (“Ecrire n’est pas jouer”, magnifique préface, sur laquelle il faudra revenir); Camus, Mauriac, Nouzille sur la CIA que j’achève aujourd’hui… De Renaud Camus : “Aujourd’hui, les riches ne sont plus que des pauvres qui ont de l’argent” .

 

 

                                                  *

 

Lundi 25 mai 2009 ; Mirebeau. Me fais peu à peu à l’idée de ne plus vivre qu’ici, et cette idée m’apparaît de plus en plus excitante. Lire, écrire, lire de nouveau et écrire encore. Se passer des trains, des réunions, des téléphones, de cet immense temps perdu – oui, mais comment me passerais-je de ma secrétaire, et de P.P., mon indispensable plénipotentiaire ? Pourtant, Chateaubriand : “Quand on voit les illusions dont la Providence environne le pouvoir, on est consolé par sa courte durée”. Certes ! Certes ! Et encore ceci, sur le même sujet : “La France aurait pu gagner à ma réunion avec l’Empereur; moi, j’y aurais perdu. Peut-être serais-je parvenu à maintenir quelques idées de liberté et de modération dans la tête du grand homme; mais ma vie, rangée parmi celles qu’on appelle heureuses, eût été privée de ce qui en fait le caractère et l’honneur : la pauvreté, le combat, et l’indépendance”.

  

                                                  *

 

Samedi 30 mai 2009 ; Mirebeau.  Grand beau temps. P.L. m’a dit tout à l’heure, tandis que je lui faisais l’habituelle visite du soir, dans son jardin, que je suis en train de retrouver “l’heure de Poué”. C’est que, quand elle s’étonne que nous dînions si tard, “à des neuf heures du soir”, et que je lui fais remarquer qu’il n’est, au soleil, que sept heures et qu’elle a bien tort de se régler sur l’heure de la Commission européenne, elle me dit, comme elle l’a fait déjà deux ou trois fois, que je lui fais penser à ceux qui, pendant la guerre, refusaient de se régler sur l’heure allemande. Elle a un peu développé tout à l’heure, me racontant l’histoire d’un village poitevin, le village de Poué dont les habitants avaient refusé tout compromis, y compris sur les horloges de la mairie et de l’église, ne voulant entendre parler que de l’heure française; suis rentré en savourant cette histoire, et me disant que l’heure française sera toujours celle du soleil…

 

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Dimanche 14 juin 2009


Bloc-notes de Paul-Marie Coûteaux

Dimanche 17 mai 2009 ; Mirebeau
. Hier, comité directeur du RIF. Nous avons lancé des pistes de tous côtés; c’était brouillon, décousu, et prometteur.

 

Dans quel sens aller ? Livres promis, notes à reprendre, rangements trop différés, articles à faire, lectures remises, courriers en retard, lettres indispensables, mille autres choses encore…, je ne sais où donner de la tête. Par où commencer, et sur quelle ligne durable inscrire le temps qu’il m’est ainsi donné. Pour l’heure, je ne fais presque rien : téléphones, hélas; lectures de Renaud Camus, et de l’époustouflante étude de Vincent Nouzille sur le rôle de la CIA dans la politique française (“Des Secrets bien gardés”), époustouflante par ce qu’elle révèle et par la précision de sa documentation; lecture aussi du dernier Saint Robert, “Ecrire n’est pas joué”, “essai littéraire” qui m’impressionne et que je lis goutte à goutte – il y a si longtemps que n’était point arrivé semblable événement : la publication d’un livre de saint Robert !

 

 

                                           *



Mardi 19 mai 2009 ; Mirebeau.
Seul, pleinement seul au prieuré pour plusieurs jours. Il me semble que les chats  sont heureux de ce calme, et de notre solitude. Tout à l’heure, Thèmis venant et revenant se faire caresser, sans doute pour détourner mon attention du livre dont elle paraît tant jalouse, s’est mise à jouer avec le petit tapis rouge de la bibliothèque, le retournant en tous sens, se glissant sous ses plis, et me regardant à intervalles réguliers pour s’assurer que je suivais son spectacle.

 

 

                                                *

 

 

Mercredi 20 mai 2009 ; Mirebeau. Les belles fenêtres ont une magie, plus forte me semble-t-il que tous les cadres. Celle qui, dans ma chambre, du côté de mon lit, donne sur la cour, et qui est faite de grands carreaux, découpe la rocaille qui s’étage du grand mur jusqu’à la margelle de l’allée,  et qui est en ce moment, au soleil, d’une profusion magnifique : ce sont, devant moi, autant de bouquets changeants, indescriptibles, mais incroyablement lumineux, vers lesquels mon regard, du bureau, revient sans cesse ces jours-ci…. Si le temps est chaud, et que j’ouvre la porte fenêtre, le massif m’arrive d’un coup, sa profusion est trop abondante pour que je l’embrasse d’un seul regard, et je n’ai plus qu’un éclat de couleurs et de lumière, cascade de petites pensées de toutes teintes, de roses rouges et d’autres jaunes et de buissons de tous els verts, que survolent les filets fragiles du “désespoir du peintre” et les longs iris. Est-ce trop, pour un seul regard ? Pour bien voir, rien ne vaut les petits tableaux que les carreaux de la fenêtre découpent et juxtaposent, bouquets d’un plus vaste bouquet, qui paraît ne pas finir…

 

           

                                                *

 

 

Jeudi 21 mai 2009 ; Mirebeau. Petit déjeuner sur la terrasse ; dans le jardin, les chats dansent : de toutes parts, le beau temps fait surgir des papillons vers lesquels ils s’élancent et manquent toujours; mais ils s’exaltent, sautent de plus belle, et les papillons volettent de-ci, delà sans paraître s’en soucier, à moins qu’ils ne jouent. De temps en temps, le petit souffle du matin agite le bout des branches, qui paraissent applaudir. On ne connait pas spectacle plus joyeux. 

 

          Pourquoi me perdre dans la vie de ce petit monde, la maison, les jardins, les chats, et pourquoi les décrire ici en incipits réguliers, avant d’attaquer de plus austères sujets ? A l’agrément, et ce désir de nommer les choses pour qu’elles existent pleinement, j’ajoutais, in petto, la petite théorie entêtée qui voudrait que nulle politique ne soit claire ni forte ni juste si, à intervalles réguliers, elle ne sait partir de la vie simple et brute du monde, pour mieux dire “la nature” : elle est le “la” que se donnent les musiciens; soit; je n’en démords pas. Mais je découvre à présent que la règle des incipits bucoliques n’est pas seulement bienfaisante pour la politique, mais aussi pour toute écriture, en somme tout travail de culture. Nous revoilà sur le bon vieux couple nature/culture qui s’éclaire d’un jour tout neuf, et magnifique. Et si la culture s’étiole tat aujourd’hui, c’est qu’il lui manque sa nourricière nature (cf « art moderne »).

 

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Dimanche 14 juin 2009

Lundi 11 mai 2009 ; Mirebeau. Minuit et quart. Retour de la gare, où j’ai raccompagné E. Pluie fine et fraîche ; la maison est extraordinairement calme ; les chats, la musique, les livres, solitude, et silence. Vita Nova.

 

                                                          *

  

Mardi 12 mai 2009 ; Mirebeau. Beaucoup de courrier, ici et ailleurs, qui s’entasse… Mon courage épistolier, est plus faible que jamais – il n’est jamais très haut, il faut dire, de sorte que, à ma hantise du téléphone, j’ajouterais volontiers celle de la correspondance. Du moins reçois-je ces jours-ci, je veux dire depuis mon retrait, de nombreuses lettres amicales et chaleureuses. Une dame qui est membre du comité directeur du RIF, m’envoie ces vers de Péguy, que j’entreprends d’apprendre par coeur, et, pour plus de sûreté, de noter ici :

 


“Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre

Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux,

Mais c’est toujours la France, ou petite ou plus grande”.

 

Ce “ou petite ou plus grande” est admirable : qu’importe, en effet…

 

 

                                                         

 

 

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Samedi 13 juin 2009

Jeudi 8 mai 2009 ; Paris. Remous politiciens, ils n’en finissent plus; l’intensité téléphonatique se fait de plus en plus étouffante, notamment; et me voila dans internet : messages, réponses et re-messages, à quoi s‘ajoutent ces clips vidéos que réussit à me faire faire l’inépuisable J. Robin. Tout cela, est-ce bien l’essentiel ?

 

L’essentiel : j’en veux beaucoup à Philippe de Villiers d’avoir accumulé en quelques années tant d‘erreurs : Libertas, la dernière, est la majeure; mais cette erreur est la conséquence des erreurs précédentes, qu’elle avait pour but de corriger; en somme, elle ne fait qu’en cacher d’autres : avoir brutalement changé de stratégie, pour “rattraper son électorat parti chez Sarkozy”, comme il me l’a dit maintes fois ces derniers mois, en apparaissant sous les traits les plus modérés ne fait que corriger l’excès inverse quand, lors de la précédente élection (la présidentielle de 2007), une stratégie radicale, à base d’islamisation de la France, avait eu pour but de rafler l’électorat d’un le Pen imaginé à bout de course. Quand on pense que cette stratégie-là, que M. de Villiers arrêta seul dans l’été 2005, était elle-même l’exact inverse de celle qui, peu auparavant, lors du référendum de mai, avait fait de lui le porte-parole incontesté des Non, du moins des “non de droite”, et qu’il aurait suffi de garder cette stratégie “noniste” pour s’assurer un rôle majeur à la fois lors de la présidentielle de 2007, et lors des européennes prochaines... Quand on songe qu’il suffisait de convertir le succès de 2005 en courant politique, et que cette stratégie était évidente, on ne peut pas ne pas s’interroger : pourquoi tant d’à-coups ? Ne croit-il pas à la souveraineté, et qu’elle commande tout ? N’a--il nulle adresse, ou nulle constance, ou nulle foi ?

 

Dimanche 10 mai 2009 ; Mirebeau. Temps mitigé, maison calme, tout s’apaise, les rythmes changent, je prends le temps de regarder ce soir le journal télévisé de France2. M’en dissuade aussitôt le défilé des « grand titres » : 1 : Victoire de l’équipe de foutebole de Guingamp, dits « les petits poucets », sur l’équipe de Rennes. 2. Incident au Futuroscope de Poitiers, 50 personnes retenues sur une passerelle ont été secourues par les pompiers. 3. Un certain Gasquet, joueur de tennis, est « contrôlé positif à la cocaïne », comme on dit, paraît-il. 4. Aux Etats-Unis, un troisième mort de la grippe (« porcine ») ; 5. Accalmie des incendies de Californie : « Santa Barbara est sauvée ». 6. Une découverte dans l’espace, dont l’annonce fut trop rapide pour que j’en saisisse la teneur. 7. Grande soirée à Moscou, où se produit la chanteuse Patricia Kass. Je coupe aussitôt, aucun de ces titres n’ayant le moindre attrait. Nous avons toujours dit que la dissolution de la souveraineté entrainerait un immense reflux de la politique. Le prétendu « journal » télévisé le mesure, jusqu’à la caricature. Je parierai que, dans ces titres se sont glissées quelques séquences plus politiques, notamment une mention des prochaines élections européennes, aux fins de préciser qu’elles n’intéressent personne.  Le formatage de l’opinion n’a plus aucune limite.

 

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Samedi 13 juin 2009

Vendredi 30 avril 2009 ; Paris-Chatellerault

.  Le premier fait majeur de la mondialisation, la marque la plus nette du phénomène mondialiste et mondialisateur qui aura dominé le XXème siècle, son emblème et son levain le plus incontestable, ce fut la guerre mondiale – celle qui commença en 1914, mais aussi celle qui commença en 1938, ou cette grande guerre de 30 ans qui va de 1914 à 1945 ; depuis 1945, tout est mondial. On l’accepte, ou bien on lutte là-contre, ne serait-ce que pour donner à ce déchaînement  des limites, en lui opposant l’élément qui pourrait le contenir, le droit des nations –en attendant des jours meilleurs…

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Vendredi 12 juin 2009

Mardi 28 avril 2009 ; Bruxelles. Il y a deux choses épuisantes dans la vie – épuisantes et salissantes : déménager et faire de la politique. Faisant en ce moment l’un et l’autre (bureau de Bruxelles, bureau de Strasbourg, bureau de Paris-Saint-germain et conséquemment, bureau de Paris-Colombier), je me vis dans une permanente nausée.

 

        Voici le texte de la question écrite N° : 30856   de  Mme   Boyer Valérie, députée Union pour un Mouvement Populaire  des Bouches-du-Rhône, question publiée au JO le : 16/09/2008  page : 7951 :   " Mme Valérie Boyer attire l'attention de Mme la ministre de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative sur le cadre juridique de la circoncision pratiquée dans les règles de l'art par un chirurgien. Lorsque son indication est posée pour des raisons médicales (diagnostic phimosis), la circoncision est prise en charge par l'assurance maladie et fait l'objet d'une codification CCAM sous le titre posthectomie code JHFA009. Lorsque son indication est rituelle (signe d'appartenance religieuse pour les juifs et musulmans), la circoncision n'est pas prise en charge par l'assurance maladie puisqu'elle n'est dictée par aucune considération médicale. Elle revient entre 500 et 1000 euros à la famille qui la sollicite pour son enfant. Compte tenu de cet état de fait, nombre de circoncisions rituelles sont effectuées sous couvert d'une indication médicale car les familles ont tendance à beaucoup insister auprès du médecin voire même à ne pas décalotter l'enfant pour qu'il développe un vrai phimosis impliquant la prise en charge par l'assurance maladie.

       Le moindre coût financier de l'acte et la garantie qu'il soit effectué dans les règles de l'art, donc sans risque de complication en comparaison avec les méthodes artisanales, constituent les principaux arguments qui conduisent à ces détournements et aux fraudes à l'assurance maladie. Car la pratique ancestrale de la circoncision implique un taux important de complications (hémorragies, surinfections, plaies et mutilations du gland) nécessairement prises en charge par la sécurité sociale et générant un surcoût pour l'assurance maladie. L'évolution démographique et sociologique de notre pays pose la question de la place de cet acte chirurgical en termes de santé publique, de coût pour l'assurance maladie et de laïcité. En effet, en 2006, lors du congrès annuel de l'association française des urologues, un médecin de la CNAM avait évalué à 9 millions d'euros par an la couverture de cet acte pour l'ensemble du pays.

         Entre la prise en charge complète par l'assurance maladie ou par les familles de cet acte, une troisième voie serait envisageable impliquant la création d'un contrat d'assurance circoncision proposé à la naissance des enfants mâles et destiné à prendre en charge les frais de réalisation de l'acte chirurgical. Il pourrait être, en outre, envisagé sous certaines conditions préservant le principe de laïcité, une participation limitée de l'assurance maladie. Elle la remercie de lui faire connaître son avis sur le sujet et sur la possibilité de mettre en place un groupe de réflexion intégrant les différents partenaires (assurance maladie, professionnels de santé, associations d'usagers) afin d'élaborer un protocole clair et applicable à tous qui  préserve la neutralité et l'égalité républicaine. "

 

          Autrement dit, la disparition des frontières, non seulement pose des problèmes aux pays concernés (ceux d’émigration comme ceux d’immigration), ainsi qu’il en pose, et des plus dramatiques, aux intéressés, (qu’il faudrait d’ailleurs nommer les victimes de l’immigration, comme il y a des victimes des catastrophes ou des exodes) mais il s’avère à l’usage que beaucoup desdits problèmes sont absolument insolubles. Insoluble, la question n’a de toutes façons qu’une porte de sortie, la réhabilitation de la notion même de frontière, et de ce qu’elle comporte en fait de sens, de sagesse, et de politique. J’aimerais faire là dessus un petit placet sans doute point assez futile : “Que l’immigration est un mal pour tout le monde”. Bien sûr, je ne le ferai pas, car rien de cela n’est à dire.

 

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Vendredi 12 juin 2009

Bloc-notes-de Paul-Marie Coûteaux

Vendredi 24 avril 2009 ; Paris
. Déjeuner avec AF, très aimable journaliste. Quand, au fil de la conversation, on en vient aux questions politiques un peu sérieuses, et que je tente d’expliquer ce que peut représenter la souveraineté, il est manifeste que l’attention se relâche : je lui fait observer que la question n’est pas mince, il finit par me couper : “On connait votre ritournelle”; fort bien. Je lui demande alors, avec sans doute un peu d’impudence ce que le mot peut représenter pour lui, il élude d’une phrase devenue quasi-rituelle : “Vous savez bien que tout cela est dépassé”. Je “sais bien”, donc…Ce sont ces gens qui, non seulement me disent ce qu’il faut penser, s’il s’agit de pensée, mais m’apprennent aussi ce que je sais, ce que, même, “je sais bien”. Fin de déjeuner charmante : car, avec des journalistes, il est encore possible de parler sérieusement de politique…

 

Arrive le moment où chaque question politique, chaque événement (encore, l’autre jour, l’incroyable sortie de Mme Rachida Dati pouffant de rire parce qu’elle récitait de travers les fiches qu’on lui avait préparées) n’est plus, dans le tumulte actuel, qu’un accablement supplémentaire. C’est au point que l’idée me taraude de lever définitivement ma plume sur tous ces sujets, et de ne plus écrire que des choses insignifiantes – je crois envers et contre tout qu’il n’est pas jusqu’au plaisir d’écrire des choses insignifiantes qui ne suppose une civilisation. J’aperçois bel et bien le jour où je laisserai tomber le pesant souci politique, et n’aurai plus de consolation universelle que de contempler à l’infini le jardin bien taillé ; le calme d’un jardin en ordre, c’est aussi celui de l’esprit –ce qui vérifie l’axiome selon lequel il suffit qu’une part du monde se mette en ordre, pour que tout s’ordonne autour d’elle.

 

Samedi 25 avril 2009 ; Mirebeau. On y voit finalement très clair un peu partout : par exemple, on finit par comprendre très précisément ce que signifie l’expression « jardin secret » : avoir un jardin est une des voies parfaites de l’en-soi ; mieux qu’un refuge, un signe inexpugnable de notre passage sur la terre. 

                  

 Dimanche 26 avril 2009 ; Mirebeau. Distraitement, deux ou trois soirs d’affilée, à l’heure de me coucher, je me suis mis à brosser les chats. A peine l’exercice est-il commencé, ils ronronnent bruyamment, si contents de la caresse qu’ils relancent ma main aussitôt la brosse posée. Et voilà que, hier au soir, tandis que, fatigué, je me couchais en oubliant le rite, je les vois protester en tournant autour de moi, passant l’un après l’autre sous ma main avec l’intention manifeste de la rappeler à son devoir. Thèmis, furieuse, en a même fait tomber la brosse posée sur ma table de chevet… je m’exécute de bonne grâce ; puis, ma besogne faite, ils m’abandonnent, et, ravis sans doute de se sentir si bien peignés, se jettent l’un sur l’autre, s’entrelacent, et jouent sans fin sur le tapis rouge.

 

          Chats ; rousseur de Pélléas, de plus en plus éclatante; je le regarde, courant sur la pelouse fraîchement tondue, faisant rayonner ses poils au vent comme un roi de la jungle.

 

 

Lundi 27 avril 2009 ; Paris. « Mauriac intime », de Jean-Luc Barré : du culte aux Lettres suprêmes.

 

 

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Vendredi 22 mai 2009

Entretien de Paul-Marie Coûteaux pour Revue-republicaine.fr

1 - Que pensez-vous de l'actuel mode de scrutin pour les élections européennes ?

 

Paul-Marie Coûteaux : le plus grand mal. Le découpage du territoire national en grandes circonscriptions n'élimine en rien la distance entre l'élu et l'électeur. A l'évidence, il n’eut d’autres buts que d’empêcher la constitution de grandes listes nationales unitaires comme celles de 1989, lorsque la liste souverainiste (Pasqua-Villiers-Garaud) arriva en deuxième position, chose inadmissible  pour les grands partis...

 

Le meilleur mode de désignation, à mes yeux du moins, est celui qui a prévalu jusqu'en 1979, quand des parlementaires nationaux se réunissaient quelques jours chaque mois à Strasbourg. Ils gardaient alors une relation avec les parlements nationaux, où ils siégeaient à titre principal, assurant un lien entre lui et les institutions européennes, de même qu’ils gardaient un lien avec leurs électeurs –en bref, avec la Nation. Dans le mode de scrutin actuel, les parlementaires européens sont complètement déracinés, et ce sont d’ailleurs pour la plupart soit des idéologues de la supra-nationalité, soit des recasés qui ne font pas grand chose et ne rendent jamais aucun compte de rien, sans lien avec grand monde. Ce sera pire dans les années à venir puisqu’ils ne seront même plus rémunérés par l’une des assemblées du parlement national, ce qui est le cas actuellement (c’est pourquoi j’ai toujours dit que j’étais « député français au parlement européen » et non « député européen » puisque, mis à part les défraiements, je n’ai de lien financier qu’avec le Sénat de la République) ; hélas, les indemnités parlementaires seront désormais versées par le budget de l’UE, conformément à un statut propre de « député européen » dont l'adoption est annoncée pour l’an prochain… Cette perspective d'intégration supplémentaire dans la machine supranationale ne me paraît pas insignifiante…

 


2 - Vous avez déclaré que vous formeriez une liste en Île-de-France, à côté de celle de Libertas, avec qui vous avez rompu, et de celle de Debout la République, avec qui vous n'avez pas trouvé d'accord. Ne pensez-vous pas que l'émiettement des voix gaullistes, républicaines et souverainistes soit le meilleur moyen pour ne pas avoir de représentant au Parlement européen ?

 

P-M. C. : Cette dispersion est ridicule ; d’ailleurs, si j’ai certes été candidat indépendant pendant quelques semaines, ce fut surtout pour « garder la parole » et bien marquer que le député sortant que je suis n’accepte pas la guerre des grands chefs, ni la façon dont ils concevaient la campagne électorale dans l’oubli quasi-complet de la souveraineté, le seul lien qui pourtant pouvait réunir tout le monde ; surtout, j’entends protester contre leur intégration, l’un et l’autre, dans des mouvement pan-européens, Libertas pour Phillipe de Villiers, EUdémocrats pour Nicolas Dupont-Aignan, autre mouvement qui se veut « européen », fondé d’ailleurs par celui qui est actuellement l’actuel secrétaire général de Libertas-Europe , M. Bonde - lequel a exaspéré la plupart des membres de mon groupe, quand il en était co-président, par son « esprit de compromis » avec la machine supra-nationale, et dont nous avons fini par nous passer. Eudémocrats et Libertas, c’est le même monde, celui des réformistes européens qui sont eux aussi installés à Bruxelles, vivent des subsides de Bruxelles, ou d’autres, et qui s’en trouvent fort bien : c’est ainsi que l’on finit par faire campagne pour « un autre traité européen » (Dupont-Aignan), ou pour la défense du fromage et du vin rosé (Villiers) ; ces messieurs n’imaginaient pas que je puisse mener une liste en Île-de-France sur de telles lignes, ni ne souhaitaient sans doute que je sois réélu, surtout si, ce faisant, je débordais leurs petits appareils…

 

Depuis des mois, d’ailleurs, je n’ai cessé de répéter que je concevais ma candidature uniquement dans un esprit d'unité  strictement souverainiste, lequel a animé toute mon action - c’est notamment le cas, éloquent, de notre journal L'Indépendance, « ouvert aux souverainistes de tous horizons » selon sa formule, qui n’est certes pas un vain mot. Pendant des mois et des mois, je n'ai pas cessé de faire le lien entre Philippe de Villiers, Nicolas Dupont-Aignan et certains autres - à mes risques et périls d'ailleurs. Je savais bien que cette union ne pouvait se faire que sur le plus petit commun dénominateur, la souveraineté nationale et populaire  - point commun qui  d’ailleurs, m’aurait amplement  suffit. Mais la confusion des discours réformistes », incroyablement tortueux (chacun a son contre-traité…), et le rôle des « égos », peut-être naturel s'agissant de personnages qui n'ont pas d'autre mode d'existence que la politique et qui pour cette raison sont noyés dans des stratégies solitaires…, furent tels que la division devint finalement inévitable.

 

            Au risque de me répéter, j’insiste sur ce fait, que personne ne semble mesurer : la division est inscrite dans l’oubli de la souveraineté. Notre unité n’est possible que si nous osons formuler clairement ce point de communion. S’agissant d’élections au parlement européen, il me paraît superflu d’aller plus loin en fait de « programme », puisque le parlement européen n’est nullement chargé de mener une politique autonome. Tout « programme » ou « projet pour une autre Europe », outre qu’il divise nécessairement, est de toutes façons, lors de ces élections, hors de propos…

 


3 - Qu'est-ce qui, précisément, a fait achopper votre candidature en Île-de-France sous la bannière de Debout la République ?

 

P-M.C. : Il est vrai que Nicolas-Dupont Aignan m'a proposé début mars la tête de liste en Île-de-France ; mais il refusait que nous composions la liste ensemble (tout en me demandant de la financer presque entièrement) ; surtout, je crois qu’il se méfiait de ce qu'il appelait ma « radicalité », me demandant de ne pas utiliser le mot souverainisme (le mot « France », j’imagine, m’était à la rigueur autorisé...) exigeant de moi « un discours lisse », c’est à dire n’insistant pas sur la nécessité de la souveraineté. Au surcroît, je ne suis pas persuadé du bien fondé d'un "contre-traité européen" : j’aurais pu passer là-dessus, puisque le parlement européen n’est pas chargé de préparer des traités. Je ne demandais qu’une chose : que l’on s’en tienne à cette évidence, qui, d’ailleurs, pouvait faire l’unité assez largement : en fait d’Europe, comme en bien d’autres sujets, rien n'est possible tant qu'il n'est pas posé fermement que les Français sont seuls responsables de la France.

 

Après bien des tergiversations, hésitations et contradictions, Nicolas Dupont-Aignan m'a finalement proposé d'être tête de liste dans le grand-Ouest où, cette fois, j'avais entièrement carte blanche : j’ai alors compris que c’était probablement ce qu’il avait en tête dès le début, ce qui n’était d’ailleurs point très honnête. Accepter cette circonscription, c'était m'opposer de front à Philippe de Villiers et paraître régler mes comptes sur le mode politicien, chose inconvenante. Il m'a ensuite proposé la troisième place en Île-de-France - assortie d'une promesse écrite, par les deux premiers de liste, de démissionner au bout d'un an de mandat. J'ai refusé toutes ces combinaisons, aussi embrouillées sur la forme qu’elles l’étaient sur le fond.

 

J'ai d'ailleurs refusé d'autres propositions. Le tableau des défenseurs de la souveraineté nationale et populaire étant décidemment exécrable cette fois-ci, je préfère passer mon tour. Dans l’état actuel de confusion, de divisions, et finalement de trahison de nos électeurs, beaucoup plus radicaux que ces petits messieurs n’osent le voir, je ne leur prédit d’ailleurs pas grand succès…

 

 

4 - Comment expliquez-vous, plus largement, l'absence totale de débat, non seulement en France mais dans bien d'autres pays européens ? Quel intérêt les partis dominants peuvent-ils trouver à une abstention record telle qu'elle s'annonce ?

 

P-M. C. : Ils n'ont pas spécialement intérêt à une abstention massive ; ce qu’ils veulent, c'est avant tout qu'il n'y ait pas de débat sur l’Europe. Pour les supranationaux de tout poil, qui savent bien que les peuples restent attachés à leur patrie, l'obsession est toujours la même : construire leurs échafaudages dans leur dos, dans le plus grand silence possible. Pour cela, pas de débat et surtout pas d'informations - l'absence d'information est d'ailleurs sidérante s'agissant d'une des entreprises majeures de notre époque. Certes, on pourrait croire que la chape de silence ne saurait tenir en période de campagne européenne. Or, il n’en est rien : le Système a pris soin de prévenir sur tous les tons, depuis des semaines que « ces élections n’intéressaient pas les Français » ; le procédé est simple : on répète aux gens qu’ils ne s’intéressent pas au sujet, ce faisant on ne fournit aucune information, le brouillard reste épais, et l’abstention massive assurée : le tour est joué ! Une seule fois, il y eut une saison d'information et de débat : en 2005, lors du référendum sur la Constitution, et les oligarques ont vu le résultat ; ils ne recommenceront pas de sitôt.

 


5 - Y a-t-il tout de même des domaines dans lesquels, depuis quelques années, l'Europe a fait des progrès ?

 

P-M. C. : Elle a fait un grand progrès, du moins aux yeux de ses thuriféraires : elle a beaucoup avancé dans l'atlantisme. Les institutions de l'UE sont de plus en plus liées à Washington, pénétrées et manipulées, via l'OTAN ou par d'autres biais. Ce "progrès" n'est qu'un retour à ce qui prévalait dans les années 50, où les Etats-Unis oeuvraient de toutes leurs forces à la « construction européenne », notamment lors de la signature du Traité Monnet, dit « de Rome ». A quoi le Général de Gaulle avait réussi à mettre un coup d'arrêt, hélas bien provisoire. Une différence cependant : la langue Française, dominante dans les années 50, et jusque dans les années 80 s'est étiolée ensuite pour se laisser lentement marginaliser, notamment depuis le « grand élargissement » de 2004.

 

L'UE a aussi fait des progrès dans la propagande, progrès si net que celle-ci finit par passer inaperçue, ce qui est le signe d'une propagande accomplie. Je ne vois guère d’autres progrès, l’élargissement ne pouvant en être un, certes précieux, que s’il n’inclut pas les pays du Centre et de l’Est européen dans une mécanique qui nie à nouveau leur souveraineté, en somme les annihile - et s’il n’est pas conçu, comme aujourd’hui, comme un moyen de tenir la Russie à l’écart de l’Europe, alors qu’elle en est une des parties les plus précieuses, et les plus prometteuses pour l’avenir – ne serait-ce que pour secouer la tutelle atlantique.

 


6- Comment voyez-vous l'Europe dans dix ans ?


P-M. C. : C'est très simple : l'Europe est la zone du monde où la croissance est la plus faible, qui se protège le moins et qui doute le plus d'elle-même. Ce qu'il est convenu d'appeler « la crise » accélère son déclassement industriel, mais aussi diplomatique, notamment à la faveur de l'opération de charme d'Obama qui parait être le grand sauveur autour duquel les autres pignons sont invités à se replier. Par dessus tout déclassement militaire, ce qui est le plus grave à long terme. De toutes façons, ladite « crise » s'inscrit dans la succession d'autres crises de plus en plus difficiles à résoudre, pour une raison simple : c'est que l'instrument politique permettant d'y répondre efficacement s'évapore peu à peu. C’est le grand crime de l'UE, qui arrache aux Etats des pouvoirs, une capacité politique qu'elle n’assume pas pour autant, notamment parce qu'elle n'en a pas la légitimité suffisante. J'ai toujours dit que cette affaire n'était pas un jeu à somme nulle : dans ces fameux transferts de compétences, beaucoup de pouvoir politique. C’est en cela que l’UE chloroforme l’Europe, l’empêche de réagir, et la tue à petits feux. Nos capacités de réponse collectives allant diminuant, les crises se multiplient, se prolongent, s'aggravent, en sorte que nous devrons bientôt accepter de parler de décadence européenne. Ce n'est pas une fatalité,  c'est la conséquence de la dissolution lente du politique, en Europe beaucoup plus qu’ailleurs.

 


7 - Quel est, selon vous, le principal enjeu du scrutin de juin ?


P-M. C. : Je n'en vois guère qui soit capital puisque, contrairement à ce que prétendent les europhiles, ce n'est pas au Parlement européen que se décide l'essentiel de « l’Europe ». L'essentiel se fera ou ne se fera pas entre quelques Etats – entre deux ou trois grands Etats. Peut-être peut-on espérer que  les députés plus ou moins eurosceptiques, qui sont actuellement une trentaine, seront une cinquantaine, ce qui certes ne serait pas mal ; mais d'une part je ne vois guère qu'on en prenne le chemin - et d'autant moins que le futur groupe Libertas aura à sa tête un europhile irlando-atlantiste ; d’autre part, il y aura dans la prochaine législature près de huit cents députés : il faudrait donc multiplier nos effectifs non par deux mais par quinze pour obtenir la majorité au parlement, ce que ladite Libertas claironne comme un objectif, évidemment trompeur…

 


8 - Vous avez pris très fermement position contre le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l'OTAN. Notre pays n'avait-il pas déjà fait l'essentiel du chemin depuis vingt ans ? Elle est déjà engagée dans des opérations de l'OTAN et, inversement, elle ne sera pas plus forcée qu'un autre État membre à suivre de manière inconditionnelle les volontés américaines...


P-M. C. : Je sais bien que, depuis Valéry Giscard d'Estaing, le poids de la politique américaine sur notre Etat (et pas seulement notre diplomatie et notre défense) pèse sans cesse davantage ; cela continuera à mesure que nous ne croyons plus à nous même, à la mission de la France dans le Monde. Le moyen de dire non quand nous ne saurons plus qui nous sommes?

 


9 - Si vous deviez porter une action au crédit de Nicolas Sarkozy, quelle serait-elle ?


P-M. C.
: La tentative d' "Union méditerranéenne" était assez bien vue ; hélas, ce qu'elle a montré surtout, c'est le rôle que jouait l'"Europe" et notamment l'Allemagne dans notre politique : aux yeux de tous, et notamment des capitales méditerranéennes, il est désormais évident que notre politique n’est plus indépendante. Joli résultat - pour les Etats-Unis, en particulier, dont la France fut jusqu’à présent le grand challenger en Méditerranée. Par ailleurs, il y a quelques mesures qui ne m'ont pas déplu, dans l'ordre économique et social mais aussi dans l'ordre culturel (par exemple la suppression de la publicité dans le service public audiovisuel, aux motifs certes équivoques) ; mais ce n'est pas là qu'est à mon avis l'essentiel. L’essentiel est dans le fait que la France, comme Etat, Nation et civilisation soit indépendante ou non : le Gouverneur Sarkozy a choisi de la faire entrer dans les rangs de l’Empire, à tous points de vue : ce crime contre l’histoire de France, rien ne saurait le racheter.

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Jeudi 21 mai 2009

Rassemblement

pour

l’Indépendance de la France

(RIF)

 

    Paris, le 16 mai  2009

  

                                                                                         

            Après une analyse approfondie de la préparation des élections européennes, le comité directeur du Rassemblement pour l’Indépendance de la France réuni à Paris, le 16 mai 2009, constate avec regret que ses efforts pour la mise en oeuvre d'une stratégie de rassemblement des souverainistes n'ont reçu aucun accueil favorable des mouvements politiques avec lesquels il entretenait des rapports étroits.

 

Le comité directeur du RIF déplore que les chefs qui étaient censé défendre les intérêts de la France aient choisis de s'égarer dans des aventures personnelles sans avenir. La division est inscrite dans l’oubli de la souveraineté : l'unité n’est possible que sur ce point de communion. S’agissant d’élections au Parlement européen, il est superflu d’aller plus loin en fait de « programme », puisque le parlement européen n’est nullement chargé de mener une politique autonome. Tout « programme » ou « projet pour une autre Europe », outre qu’il divise nécessairement, est de toute façon, lors de ces élections, hors de propos…

 

L'abstention ou le vote blanc constitue pour nous aujourd'hui, à grands regrets, la seule attitude possible, ce qu'ont aussi conclu d'autres mouvements et personnalités attachés à la souveraineté : Jean-Pierre Chevènement et le MRC, le Comité Valmy, les Gaullistes de conviction, l'UPR, et bien d'autres...

 

Le comité directeur du RIF, conscient du rôle qui lui incombera après des déconvenues électorales aujourd'hui probables, entend contribuer à accroître la diffusion des Cahiers de L'Indépendance "ouverts aux souverainistes de tous horizons".  

                                                                                                                                                             Pour le comité directeur du RIF

                                                                                                                                                               le président  Paul-Marie Coûteaux

                                                                                                                                                              le secrétaire général  Alain Bournazel
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Jeudi 14 mai 2009

Jeudi 23 avril 2009 ; retour en train de Strasbourg. - Est-ce le soleil du soir ? C’est bien à tort que la campagne lorraine, et champenoise ont une réputation de grisaille : le paysage qui défile est plus doux et lumineux qu’en bien d'autres régions françaises. Bien que j’aie mille choses à faire, à écrire, à lire, et, surtout, des décisions à prendre relativement à ma prétendue « campagne », je laisse bercer mon regard sur ces contrées si parfaitement françaises, et si tranquilles, que l’on croirait, à les apercevoir au loin, que la France est à l’abri de tout.  Consolation éternelle, après les quatre jours que je viens de vivre, dans la plus affreuse politicaille ; à Paris, lundi, cette conférence de presse annonçant les listes des « Gaullistes en colère », reprise, en plus, par « le Figaro » et « le Monde », puis ce stupide dîner avec NDA, personnage de plus en plus accablant ; puis Strasbourg et ses habituels épisodes parlementaires insipides, ma rencontre fortuite hier au soir avec Philippe de Villiers, l’hypocrisie générale de tout et tous, etc, etc…. Je me demandais si cette sotte vie aurait jamais une fin et maintenant que je l’entrevois, elle me paraît en ces dernières semaines plus insupportable que jamais…


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Jeudi 14 mai 2009

Dimanche 19 avril 2009 ; Mirebeau. - La soirée pourrait être douce, à lire sur la terrasse devant le jardin bien tondu; mais ce soir il faut encore prendre le train pour Paris, et demain pour Bruxelles. De train, bientôt, plus jamais. Ni de bureau, d’émissions de radio à expédier quasi sans préparation, d’Indépendance à boucler d’urgence – les Cahiers, peut-être… Bientôt, enfin, l’indépendance absolue.

 

 Par dessus-tout, plus de reproches ; car s’il y eut une constance dans les dix années que je viens de passer, de loin les plus tourmentées de ma vie, c’est bien que chaque jour fut émaillé de mille reproches : il se trouvait chaque jour, plusieurs fois par jour un lecteur, un électeur, un ami ou un adversaire pour glisser son reproche mes articles étaient mal fichus, mes livres mal relus (d’ailleurs, je manque tellement, pour eux, de force, que n’en publie presque plus), mes publications  prétendument mensuelles ou trimestrielles irrégulières et pleines de fautes « vraiment, mon cher ami, la finition de tes canards, m’a mille fois répété un ancien journaliste, cela laisse beaucoup trop à désirer ; au reste mon travail parlementaire était bien mince (« vous n’avez rien compris au dossier pourtant très complet que je vous ai adressé la semaine dernière »), les interventions n’aboutissaient pas, (« alors que je vous ai envoyé toutes les pièces nécessaires pour que vous puissiez débrouiller ma petite affaire »), l’Europe allait tout de travers (« Comment pouvez-vous, M. le député, laisser Bruxelles faire tant de choses inadmissibles ? Vous ne faites pas votre métier, on ne vous a pas élu pour que vous regardiez passer les balles, etc, etc…. »). J’étais méprisant quand je répondais de façon trop vague, long et confus quand je m'efforçais d’être complet, absurde quand je refusais telle ou telle alliance, criminel quand je l’acceptais, inconstant pour les uns, obstiné pour les autres, grossier quand je ne répondais pas aux lettres, évasif ou formel quand j’y répondais « pour qui vous prenez vous ? ». Ah, l’enfer de ces années ! Un conseil à tous les politiciens en herbe : souriez, soyez d’accord avec tous, et surtout votre parti ; ne faites rien, pas de revue, pas de journal, pas de manifestation de rue, des interventions rares – à condition qu’elles soient modérées, etc… En un mot, restez caché. C’est d'ailleurs ce que je vais faire.

 

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Jeudi 14 mai 2009

Vendredi 17 avril 2009 ; Paris. - Dans une notre adressée au ministre des Affaires étrangères le 17 juillet 1961, de Gaulle écrivait : " Quand on ne veut pas se défendre, ou bien on est conquis par certains, ou bien on est protégés par d'autres. De toute manière on perd sa personnalité politique." Qu'on veuille bien s'interroger un instant sur ce que signifie la perte de toute personnalité politique en temps de crise : c'est la perte de la souveraineté c'est à dire de la capacité d'agir, de la capacité de vouloir, de la capacité de répondre aux défis du monde : privé de tout instrument pour y répondre, un pays attaqué par ce sur les multiples fronts, industriels, financiers et budgétaires de ce que l'on nomme « la crise », est balloté comme un bouchon dans l'Océan et la crise devient finalement une longue décadence. Quand de Gaulle écrit dans ses mémoires "il faut désormais que ce que nous faisons et disons le soit indépendamment des autres" il formule une exigence simple celle de tous les peuples libres - celle-là même aujourd'hui que nous avons presque complètement perdue de vue.

 

Il en va pour la défense comme toute volonté politique, de quelque ordre qu’elle soit, jusqu’au souci de civilisation. Comme l’a montré Jean-Paul II dans son discours de l’Unesco en juin 1980, tous nos attachements fondamentaux, nos traditions religieuses, notre langue, nos valeurs prennent vie dans le cadre de la Nation. Tout ce qui nous en détache nous livre à tous les vents dominants.

 

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Mercredi 13 mai 2009

Mercredi 15 avril; Bruxelles. - Sur l’OTAN, ceci encore : Si l’on a mis l’accent sur la dimension symbolique, on a moins souvent insisté sur la réduction de nos marges de manœuvres opérationnelles : d’une part, cette participation a un coût (environ un demi-milliard d’euros sur 5 ans), d’autre part, de nombreux officiers français (plus de 800) seront détachés de nos armées au bénéfice des chaînes du commandement « atlantique »; pour finir, il est inévitable que certains de nos contingents, déjà déployés sur tous les continents à la limite de nos capacités, seront  dégarnis en priorité sur les terrains extérieurs à l'OTAN, notamment en Afrique. Déjà diminués par deux fois depuis deux ans, les garnisons françaises y pourraient encore être allégées, au risque de les rendre inaptes à leur mission, la première étant la stabilité de pays toujours menacés par des guerres et coups d'Etat. Où prélever encore ? Abandonner Djibouti serait renoncer à une carte stratégique de première importance ; il en va de même du Tchad, si fragile, comme en d'autres pays de l'Afrique occidentale ou équatoriale qui ont besoin de la France, tout autant que la France a besoin d'eux si elle veut rester une puissance mondiale. Notre lien très ancien avec l'Afrique serait ainsi, comme mécaniquement, la première victime du retour dans l'OTAN.

 

Et encore ceci : nul ne semble avoir songé à évaluer les conséquences sur nos industries de défense, certes difficiles à déterminer avec précision mais hautement prévisibles. Il est à peine besoin de rappeler que c'est dans le cadre de la politique d'indépendance menée par la Vème République, du moins à ses débuts, que furent conçus de grands programmes d’industries de défense. Aujourd’hui, la France est le seul pays européen capable de développer pratiquement toute la gamme des armements, nos partenaires contribuant de préférence à l’effort de recherche et de développement des matériels états-uniens (cf. le futur avion de combat ACF) : la France étant membre à part entière de l’Organisation euro-américaine, il lui sera fort difficile de ne pas faire de même au nom de la « compatibilité des matériels » ou de « l’interopérabilité », fut au détriment de nos industries –et de notre effort de recherche qui lui est tant lié…

 

Cet enfermement atlantique signe l'échec de ce que le général de Gaulle a voulu que soit le Vème République, jusqu’à son esprit même. Par sa présence même lors des cérémonies de Strasbourg et Kehl, la Chancelière se posa en marraine du retour de Paris dans le giron de Washington : alors que de Gaulle tenta d’amener l’Allemagne sur la voie d’une Europe indépendante, c’est aujourd’hui l’Allemagne qui nous ramène à l’alliance américaine ! Il faut tenir pour une galéjade l’idée, sans cesse reprise par les dévots de « l’Europe » mais aussi les dévots de l’atlantisme (en fait, ce sont curieusement les mêmes…), comme, bien entendu par la « grande » presse, qui aime tant l’une et l’autre, que notre réintégration fera progresser l’Europe de la défense. Comment croire ce syllogisme : « nous voulons faire progresser la défense européenne  auprès de nos partenaires, qui certes préfèrent l’OTAN (à laquelle il est fait référence à de multiples reprises dans le traité de Lisbonne), en entrant dans l’OTAN, nous parviendrons à doter l’Europe d’une défense autonome ?

 
Jeudi 16 avril 2009 ; Mirebeau. - OTAN, suite. Jacques Myard faisait judicieusement remarquer, l’autre jour, que « l’OTAN concourt à la stratégie d’influence des Etats-Unis, et que, par exemple, le sabir nord-américain y tient lieu de langue de travail exclusive ; par mimétisme, il est édifiant de constater que la force de gendarmerie « européenne » n’emploie que l’anglo-américain comme langue de travail ». Et cela est bien moins anodin que presque tout le monde le pense, ou ne le pense pas… 

 

 

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Mercredi 13 mai 2009

Mardi 14 avril 2009; Bruxelles. - J’ai peine à dégager mon esprit de la question de l’OTAN, dont l’emprise me parait finalement aussi grave que la question de l’Europe, qui d’ailleurs ne fait que la compléter. Les conséquences de notre réintégration ne cessent d’apparaitre ici ou là, de plus en plus diverses, et presque toujours graves…

 

Ainsi, on voit bien comment, par exemple, Washington est en train de se substituer à l’ONU comme instance de régulation des conflits et maître de la paix ou de la guerre. La nouvelle diplomatie américaine enveloppe en douceur les oppositions latines (poignée de main à M. Chavez, paroles de miel pour Cuba), comme elle vient d’effacer en Europe la dernière trace d’indépendance diplomatique et militaire, celle de la France. Qu’il s’agisse de la relance économique mondiale, de la guerre en Afghanistan ou de l’armement nucléaire de telle ou telle puissance, on entend Washington, et plus guère le Conseil de sécurité de l’ONU. L’OTAN s’étend de proche en proche à la moitié de l’univers, sorte de demi-ONU à la main des Etats-Unis - lesquels ont beaucoup craint dans les années 90 que la véritable Organisation universelle ne leur échappe et prenne au sérieux son rôle de forum et de régulation internationale, comme le voulait tant la France et comme le voulurent ensuite quelques hommes de bonne volonté - tel Boutros Boutros Ghali, qui, lorsqu’il tenta de lui donner sa chance après la fin de la guerre froide, se trouva en bute aux incessantes vexations et manœuvres de Washington, pour être finalement  éconduit en 1996… La substitution de l'ONU à l'OTAN s’annonça une première fois spectaculairement, en 1999, lorsque l'armada transatlantique bombarda Belgrade sans nulle autorisation du Conseil de sécurité, c'est à dire en violant benoîtement la charte de l'ONU -  c'était il y a dix ans exactement sous la présidence d'un certain Clinton, personnage aussi souriant et sympathique que l’est M. Obama aujourd'hui. Dix ans après Belgrade, les avancées de l'Organisation dite « atlantique » jusque dans les profondeurs de l'Afghanistan signe sa victoire sur toute forme d'universalisme authentique.

 

Or, OTAN et ONU, ce n’est pas du tout la même chose -cela d’abord pour la France. Si le deux organisations sont nées à peu d‘années d’intervalle elles le furent dans des atmosphères et des esprits fort différentes. La première naquit en 1945, à l’enseigne du droit, et notamment de la souveraineté des nations; elle fut portée sur les fonds baptismaux par plusieurs Français de renom, de Gaulle tenant la barre, en France, la barre du gouvernement de Libération ; la seconde entendit opposer un empire, atlantique, à l’empire soviétique; elle fut endossé par la IVème république, préludant aux traités supra-nationaux que ses gouvernements faibles signèrent sans grand souci de leur souveraineté -en 1951 celui de la CECA, en 1957, celui de Rome… C’est une lecture du monde que de faire reposer l’équilibre international sur la coopération entre nations souveraines, une autre que de le fonder sur la constitution de vastes empires constituant leurs clientèles pour traiter d’égal à égal…

 

 

                                                                       

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Vendredi 8 mai 2009

Vendredi Saint, 10 avril 2009 ; Mirebeau. - Phrase distraitement captée à la radio, cette nuit, pendant mon habituel « médianoche » de 5 heures, à propos de je ne sais quel fouteboleur. « Il était hier au sommet de son art, magistral, souverain ! ». Me suis recouché avec la joie que donne la définition parfaite d’un mot, en l’occurrence ce fameux mot souveraineté si difficile à faire comprendre, et la résolution d’en écrire davantage aujourd’hui. On voit d'un trait le joueur "souverain" : si souple, si dextre, si maitre de son art qu’il s’accomplit dans la plénitude du fouteboleur, épousant au plus près sa nature propre. Et il est bien le sens du mot souverain.

 

                                                             *

 

Dimanche de Pâques, 12 avril 2009 ; Mirebeau. - Un de mes « amis politiques » me souhaite par SMS d’heureuses Pâques, et me parle de résurrection. Oui, cher ami, mais la résurrection n’est point certaine, pour qui s’abandonne, ou manque à ce qu'il est. Je suis chrétien, et je crois en la résurrection des âmes ; mais la résurrection n’est promise qu’aux âmes, c’est à dire à ce qui reste fidèle à sa part divine. La part divine de la France est cette fidélité à elle-même qui se nomme Souveraineté, condition de toute renaissance. Gardons-nous de la corrompre par des paroles, actes ou choix qui pourraient durablement la cacher, même à nos propres yeux.

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Vendredi 8 mai 2009
vice-président du groupe Indépendance & Démocratie  au Parlement européeen, 
président  du RIF                         
                                                                         
    
                                                        

                            

                                                                                                                                        Paris, le 29 avril  2009


 

 

Je constate que  les divisions, trahisons et confusions qui règnent parmi ceux qu’avaient unis le Non à la Constitution européenne et qui, depuis lors, n’ont pas réussi à se donner un porte-parole incontesté, rendent impossible la constitution, où que ce soit, de listes unies autour de leur seul point de communion possible, la souveraineté nationale et populaire. Je ne serai donc pas candidat.

 

Je constate aussi que, entre le fédéral-réformisme des uns, empêtrés dans les ambiguïtés de "l’autre Europe", et la fédéral-démocratie des autres, absorbés par un mouvement pan-européen à direction irlando-atlantique et célébrant à Rome le traité Monnet, la défense de la souveraineté est aujourd’hui abandonnée par ceux qui en ont fait un étendard occasionnel, cédant en rase et triste campagne à l’idéologie dominante.

 

 Je constate que c’est la même question, la souveraineté nationale, qui a fait échoué les négociations des souverainistes de gauche, excluant Jean-Pierre Chevènement que je rejoins dans le qualificatif de « simulacre complet » qu’il a utilisé à propos de ces élections. Avec bien d‘autres souverainistes de divers horizons, je m'associe à  l’appel au vote blanc ou à l’abstention le 7 juin prochain.

 

Je constate enfin que la majeure partie de ceux qui veulent délivrer la France des tutelles qui, à Bruxelles, à Francfort, à Washington, l’empêchent de mener une politique conforme à ses principes, ses intérêts et sa vocation, sont aujourd’hui orphelins. A leurs innombrables groupements, épars à travers tout le pays, aux dissidents des partis, et notamment aux deux derniers nés, « les gaullistes en colère », et le « M.P.F.I.D » réunissant plusieurs présidents de fédération M.P.F., je donne rendez-vous pour les échéances nationales. A l'initiative du RIF dont la mission me paraît plus que jamais nécessaire, se tiendront prochainement des états-généraux de la souveraineté qui,  au delà de la simple affaire européenne, uniront les âmes fortes de la République pour la reconquête de la souveraineté, seul moyen pour la France et les Français  de maîtriser leur avenir.

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Vendredi 8 mai 2009

 
par Eurojunkie ( liberation.fr)

A première vue l'alliance Libertas, qui regroupe des partis eurosceptiques venant d'une douzaine d'Etats membres en vue des élections européennes, pourrait être considérée comme un succès. Ainsi cette coalition se présente comme surfant sur la même dynamique qui a vu le traité constitutionel et le traité de Lisbonne être rejetés en France, aux Pays-Bas et en Irlande. Son leader, le richissime Irlandais Declan Ganley prédit que 100 députés européens Libertas seront élus.
En France, en décalage complet avec cet optimisme triomphant, l’alliance du MPF et du CPNT sous cette bannière Libertas n’en finit pas d’intriguer les militants souverainistes. Voire de le mettre sérieusement en colère. Ainsi, Georges Martin a démissionné de son poste de Président de la fédération MPF de Seine et Marne. Martin ne mâche pas ses mots et dénonce, entre autres:


«L'alliance avec un mouvement "paneuropéen" sur lequel, ainsi que son président M. Declan Ganley, nous n’avons eu que très peu d’informations, et sur lesquels pèsent de nombreuses interrogations (…) [la] disparition de l’appellation MPF au profit de la dénomination Libertas jusqu’à présent inconnue de tous…»
Libertas est de plus en plus problématique pour les souverainistes. Par exemple, la charte graphique du parti met au rebut les références patriotiques traditionnelles du MPF. Désormais, sous Libertas, avec une communication prise en charge par des gens de Paris, toute référence à la France se retrouve gommée dans une soupe corporate sans saveur.
L’alliance elle-même avec le CPNT apparaît comme contre-nature. Ainsi, Frédéric Nihous, le chef du parti des chasseurs, ne se définit pas comme souverainiste, idéologie qu'il trouve dépassé. Quant au CPNT, parti avant tout anti-écolo, la droitisation qui résulte de l’alliance avec le MPF ne plaît pas à tout le monde. La logique aurait voulu que le MPF cherchât alliance avec Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan.

Mais ce sont surtout les positions même de l’alliance Libertas qui sont de nature à faire douter les plus fervents villieristes. On peut par exemple trouver cette phrase ahurissante dans le compte-rendu de la convention fondatrice du mouvement, qui s’est tenue la semaine dernière à Rome:

«Le projet de Libertas c’est précisément que l’Europe renoue avec l’esprit du traité de Rome, avec l’Europe que souhaitaient ses pères fondateurs.»
Sérieusement, qui peut penser que de Villiers approuve ce message? Qui peut croire que de Villiers veut renouer avec l’Europe des pères fondateurs? C’est d’ailleurs la question que posait Paul-Marie Couteaux, le député européen MPF évincé suite à la fusion MPF-CPNT, à Philippe De Villiers:


«Cher Philippe, je n’ai pas écrit ce que j’ai écrit depuis Maastricht pour célébrer à Rome (…) le traité de Jean Monnet. Ouvrez enfin les yeux.»
Cette alliance hétéroclite a d’ailleurs vu ses limites lors de cette même convention. Ainsi, Lech Walesa, invité par Ganley, s’est vu conspué par les…partisans de Libertas Pologne. Le même Walesa en a profité pour rajouter une couche sur l’européanisme de Libertas :
«Ce projet européen a tous les ingrédients pour devenir une force historique positive dans le monde et grandir encore plus que ce qu’il est maintenant. Mais pour que cela arrive, nous devons tenir compte du message de Libertas et mettre les gens au cœur du projet.»
Cette prise de parole de Walesa a fait grand bruit en Pologne. Walesa affirmant ne pas soutenir Libertas et n’avoir parlé à cette convention que pour l’argent. Notons au passage que deux jours auparavant, Walesa se produisait à Varsovie à la conférence du Parti Populaire Européen, dont fait partie l'UMP.
Le grand thème de campagne de Ganley est la transparence en Europe. Cette insistance sur la transparence commence à être fatigante tant Libertas est un mouvement obscur. Comme le rappelle Honor Mahony du Irish Times, en Irlande, Ganley a tout fait pour dissimuler les comptes de sa campagne anti-Lisbonne. En Suède, le mouvement est accusé d’avoir offert de l’argent à des candidats potentiels. En Pologne, Libertas est soupçonné de contourner les lois de financement des partis. Notons, qu’en France, le mouvement joue à cache-cache sur Internet, et que des agences de com’ travaillant pour le mouvement refusent de répondre aux questions des journalistes au sujet de respect de droits d’auteurs et de publication de certaines dépenses de campagne sur des vidéos de campagne de Libertas.
Au final, Libertas arrive à détruire l’idée de souverainisme et à diviser le mouvement, bref, le rêve des fédéralistes. Qui dit mieux?

Par Quotidien de Babylone - Publié dans : Actualité - Communauté : Souverainisme
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