Désormais, des extraits, portant particulièrement sur des sujets politiques du bloc-notes de Paul-Marie Coûteaux figureront sur le blog du RIF « Le Quotidien de Babylone », actualisé plusieurs fois par semaine. Rappelons que ce bloc-notes est aussi consultable sur le site  www.pmcouteaux.org et que les extraits relatifs aux affaires européennes paraissent dans le mensuel « L'Indépendance ».   

 

Jeudi 6 novembre 2008 4 06 /11 /Nov /2008 11:42

Vendredi 31 octobre, Mirebeau. Parti me promener en voiture dans la froide campagne, pour le simple plaisir de voir des paysages d’automne, roulant au hasard vers l’ouest, jusque assez avant dans les deux Sèvres (village d’Ervaux), et m’égarant finalement, je demandai mon chemin à une jeune fille. Las, elle ne connaît pas Mirebeau; je lui demande donc la direction de l’Est : la voici tout interloquée ; Est, Ouest, de quoi s’agit-il ? Ces mots tombent pour elle de la lune. D’ailleurs, comme si cela avait un rapport, elle ajoute « je ne suis pas vraiment d’ici » -un peu, mais pas vraiment ; un peu d’ici, un peu d’ailleurs… Retrouvant au jugé une route connue, et rentrant finalement dans le soir glacé, je ne peux m’empêcher d’apercevoir dans l’ignorance des points cardinaux l’une des plus sûres causes du déficit de la sécurité sociale : s’ils ne savent pas d’où ils sont, où ils sont, d’où ils viennent,  s’ils n’ont pas en tête plus de géographie qu’ils n’ont d’histoire, comment ne seraient pas étreints par une secrète, très secrète angoisse ; et comment, raccrochés à rien qui les fixe dans le monde, dépassés par tout, n’en seraient-ils pas malades ?

                    Pense à cette phrase si curieuse de Gabrielle d’Annunzio : « Ils n’y a que les imbéciles qui meurent » ; aussi à la phrase de Freud que me disait l’autre jour VH : « Il est interdit de mourir ». Foi ou l’intelligence : deux façons d’être au monde qui, en principe, suffisent à tuer la mort… Ce sera mon viatique pour ces journées de Toussaint…

Samedi 1er novembre, Toussaint. Où que l’on se tourne, la tradition révèle ses sagesses. On ne l’aperçoit jamais mieux que lorsqu’elle est à l’abandon : les enfants ne restent plus à table plus de quelques minutes, se lèvent sans cesse, les repas ne sont que d’épuisantes foires où chacun va attraper dans le réfrigérateur ce qui lui plait. Conséquences non immédiates, mais certaines : d’une part l’obésité gagne ; d’autre part les familles, privées du protocole de la commensalité d’antan, n’ont plus de liens que fort lâches. De même les règles traditionnelles de l’habitat : les pauvres baraques modernes construites dans les années 60 ne se souciaient guère du coût de l’énergie ; on s’est affranchit des caves, de l’isolation, de l’épaisseur des murs : quarante ans plus tard, ce sont des gouffres d’énergies, il faut les détruire ou les refaire presqu’entièrement. Il faudrait, dit un « éco-architecte » réapprendre à construire comme on le faisait au XIXème siècle ; oui, mais les savoir-faire, entre temps, sont perdus… Privée de traditions, une civilisation est au vent.  Ce que je reproche à la prétendue « modernité », sa parfaite absence de sagesse.

 Retrouvez l'intégralité du bloc-notes de Paul-Marie Coûteaux ICI

ou en cliquant sur l'image de droite.

 

 

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Jeudi 6 novembre 2008 4 06 /11 /Nov /2008 11:35

Le bloc-notes de Paul-Marie Coûteaux.

Mardi 28 octobre, Bruxelles.
 
Les flonflons de l’interminable célébration de « mai 68 » n’étaient pas plus tôt retombés qu’une triple crise nous plongeait dans un monde à la fois nouveau et sombre : crise économique d’abord : la panne de croissance, en UE comme aux EU, est au fond de tout). Crise  commerciale ensuite, dont on parle trop peu : échec de Doha, diminution du commerce international dont témoigne le ralentissement du commerce maritime depuis plus d’un an et le fait qu’un bon tiers des navires commandés depuis 2002, ne verront sans doute pas le jour : point fort important, qui corrobore le ralentissement de la mondialisation. Crise financière, celle-ci accentuant les autres en un cercle calamiteux, lequel annonce une série des crises sociales puis probablement politiques. Ce que l’on mesura d’abord en semaines, puis en mois, et qu’il faudra sans doute compter en années est bien autre chose qu’une « crise », mais la décadence de tout un système. A pareille dimension, le crédit qui s’effondre n’est pas bancaire, il est d’abord intellectuel : depuis 68, l’esprit du temps est soumis à une idéologie puissante ; non point, comme on l’a trop dit, le libéralisme mais une progressisme autoritaire, et survolté au point de pulvériser ce qui l’avait longtemps contenu, le primat reconnu au politique. Une récente phrase de l’ineffable Cohn Bendit dit tout : « ce qui m’intéresse, ce n’est pas la politique, c’est comment la société évolue » (sic). Phrase typique du progressisme : la société évolue toute seule vers le nirvana, la grande libération inscrite dans les étoiles, l’anticipation financière n’étant qu’un aspect de la culture générale de l’anticipation qui fonde la progressisme. Or, c’est cette culture là (née au fons au XVIIème siècle) qui s’effondre. Nous n’avons pas fini d’en parler…

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Jeudi 6 novembre 2008 4 06 /11 /Nov /2008 11:15

Alors que Monsieur Barnier, Ministre de l'agriculture et de la pêche, se félicite des avancées faites grâce à son "Plan pour une pêche durable et responsable", Bruxelles vient de réclamer à la France le remboursement des aides allouées aux pêcheurs entre 2004 et 2006 au titre du fonds de prévention des aléas de la pêche (FPAP). Ces aides ont été jugées incompatibles avec les règles communautaires relatives aux aides d'Etat.

Bruxelles réclame aujourd'hui 80 millions d'Euros aux pêcheurs risquant ainsi de mettre la pêche française "en dépot de bilan"

Comment Monsieur Barnier, pour qui le fonctionnement de la Commission Européenne n'a pourtant aucun secret,  peut-il se réjouir des avancées de son Plan Pêche alors qu'il n'a pu lui échapper que les vraies décisions en matière de pêche se prennent à Bruxelles? Tout le reste n'est qu'effet d'annonce et poudre aux yeux.

Il faut rendre aux Etats leurs prérogatives pour protéger leurs économies. Les réponses qui sont apportées aujourd’hui doivent être soit nationales soit relever de la coopération entre Etats et surtout ne pas être contredites par Bruxelles. Mieux vaut se nourrir de vrais poissons que de fausses paroles !

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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /Nov /2008 08:52
 Le premier sondage en vue des élections européennes 2009 annonce le début de grandes manoeuvres à droite comme à gauche. Publié par Le Monde (édition du 1er novembre), ce sondage IFOP crédite l'UMP et le PS respectivement de 22,5 % et 21,5 % des voix, suivis de François Bayrou et Daniel Cohn-Bendit (11 et 10,5 %). Viennent ensuite Olivier Besancenot (8,5), Philippe de Villiers (8 % ou 6,5 % selon que Nicolas Dupont-Aignan se présente ou non) et le Front national (6 %).

"Je n'ai jamais eu un tel score de départ. Avec cela, on passe sans problème la barre des 10 %", se réjouit l'intéressé, conforté par le jugement négatif des Français sur tous les domaines d'action de l'Europe de Bruxelles (croissance, chômage, délocalisation, agriculture et pêche, immigration) à l'exception de l'environnement (Ipsos). "On est passé d'une période de sourde hostilité à une période d'hostilité farouche", estime M. de Villiers.

Suite

 Source : Observatoire de l'Europe.


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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /Nov /2008 08:43

Rappel :

Paul-Marie Coûteaux,
député français au Parlement européen et Président du RIF
 

sera l'invité du colloque 
 

'La Russie, la France et l'Europe dans la géopolitique internationale'

organisé par

l
’Institut Périclès
et
l’Institut pour la Démocratie et la Coopération 

Mercredi 5 novembre 2008
de 19 heures à 21 heures 30 e
n Sorbonne
17, rue de la Sorbonne (Amphithéâtre Cauchy)

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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /Nov /2008 08:34

Bloc-notes de Paul-Marie Coûteaux.

Lundi 20 octobre, Strasbourg.
La course présidentielle américaine, sur fond dit « de crise », passionne moins qu’à l’ordinaire. On donne Obama gagnant, (...). Peu à peu, la plupart des commentaires qui le concernent se concentrent sur sa couleur de peau : noire pour les uns, noire et blanche pour les autres, on parle de « noir à culture blanche », les combinaisons n’en finissent pas… c’est le degré 00 du débat politique, d’autant plus consternant que l’on admet désormais qu’un si secondaire sujet détermine bien des votes, etc… Rome ne faisait pas tant de chichi qui se donnait quelquefois à des empereurs de très lointaines origines –et certes, je parle là de la Rome que l’on appelle gentiment « tardive »…

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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /Nov /2008 08:30

Bloc-notes de Paul-Marie Coûteaux.

Jeudi 16 octobre, Bruxelles. 
Au journaliste qui lui demandait de commenter la prévision par le FMI d’un taux de croissance de 0,2%, Christine Lagarde répondit exactement ceci : « C’est… c’est… Excusez-moi, mais le mot ne me vient qu’en anglais » ; ce mot, elle ne le dit pas, et resta muette. Si l’on me demandait la cause de nos maux, je dirais qu’elle est justement dans nos mots ; elle est dans le fait que les mots ne disent plus la chose (il faudrait là de longs développements), et plus particulièrement que l’oligarchie mondialiste parle et donc pense en anglais –américain. Songeons par exemple que le mot Etat n’existe pas dans cette langue –qui utilise des expressions comme « local government », ou « leadership », ce qui n’est est tout différent : en fait, rien ne nous est plus étranger, au moins quand à la politique que le « logiciel » étatsunien ; et quand on est si loin de soi, si dépourvu d’Etre, on ne peut guère envisager de « faire », encore moins de pouvoir …

             (Je crois que j’ai écris « Etre et Parler français » en réponse, sans doute inconsciente, à leur « Parler et Etre américain ».)

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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /Nov /2008 08:22

Bloc-notes de Paul-Marie Côuteaux.

Mardi 14 octobre, Torun (Pologne).
Sommes arrivés tout à l’heure, vers midi, à Varsovie - Je parle d’un petit groupe de Indépendance@Démocratie, dont mon ami et collègue Patrick Louis, et un de nos collègues tchèques, Vladimir Zelezny ; le clou de deux courtes journées sera la participation à une soirée politique à l’Université catholique de Torun, organisée par nos trois collègues polonais, puis, demain, des débats retranscrits par la très catholique radio Maria, et la télévision  à laquelle sa prospérité lui récemment permis de donner naissance… J’ai hâte de voir tout cela !

                  En attendant, une solide épreuve : Varsovie-Torun, (soit 300km environ), dans un mauvais autobus. Occasion d’une longue conversation avec PL sur « la crise »  -c’est qu’il est aussi, diable, Professeur d’économie à l’Université de Lyon, et il a l’esprit clair… Nous nous étonnons un peu que les innombrables réunions des chèvres bêlantes aient si vite réconforté toute la planète : l’enthousiasme est partout, et l’on s’assemblent de toutes parts autour des chèvres assemblées, et la plus mirobolante, Sarko. Les banques vont, par les garanties que leur ont données hier les chefs d’Etat, pouvoir de nouveau se prêter entre elles, le noeud de la crise se dénouant ainsi. Il n’est personne pour faire remarquer que la fonction des banques est de servir d’intermédiaires épargnants et investisseurs, nullement de se prêter entre elles -entremêlement de créances dont on ne sait d’ailleurs sur quoi elles sont gagées. Dans la série les choses ne sont plus ce qu’elles sont, voici la dernière confirmation : les banques ne sont plus des banques –du moins leur fonction première est-elle devenue très accessoire. Mais qui oserait encore rappeler les choses à leur fonction ? Tant les esprits sont dévoyés, qu’ils acceptent que les choses ne soient plus ce qu’elles sont.

                    Au fil de la conversation, nous en arrivons à cette idée bien simple, si simple qu’il fallut bien du temps pour y arriver comme naturellement : n’est ce pas plutôt, bien devant que les banques, certaines industries qu’il faudrait renflouer ? Si l’Europe voulait rester dans la course, n’est pas aux industries, à la recherche qu’il faudrait consacrer ces 1 700 milliards ? pourquoi passer par l’intermédiaire des banques, où s’engloutit aujourd’hui l’argent public, et qu’il ne me paraît point utiles de sauver, malgré les conséquences en chaine de ces fermetures et les traumatismes durables que leur faillite entrainerait (terribles pour nombre de nos contemporains, mais salutaires) ? C’est la vitalité des entreprises qu’il faut assurer, au besoin directement, quand bien même la politique industrielle contrevient-elle aux principes de concurrence libre et non faussée ; ce dogme ne pourrait-il être enfreint qu’au seul profit des banques ?

                  Du parcours, rien de notable, je griffonne ces notes en regardant d’assez belles forêts d’automnes, remarquablement composites : chênes, châtaigniers, pins, et force bouleaux, l’un des arbres préférés – préférés de Frédéric, aristocrate perdu au fond de la Poméranie, dont j’avais fait le personnage principal d’un roman en partie écrit à l'université, et que j’avais lassé inachevé… Sur le bord des routes, tous les kilomètres, et quelquefois moins, des femmes ou des enfants sont assis à coté de grand paniers remplis de cèpes –nous semble-t-il ; mais peu de clients, apparemment….

Mercredi 15 octobre, Torun (Pologne). Hier au soir, la réunion avec quelque 160 élèves de l’université catholique fut des plus charmantes, et rassurante : il y a encore une jeunesse européenne ! Certes, les professeurs-prêtres, qui ont tous un beau visage volontaire et clair, semblent s’être exemptés de l’idéologie progressiste de rigueur ; on entend dans leur bouche de belles choses des temps anciens, que je crois devoir être aussi ceux des temps à venir. L'université est bien équipés, les étudiants semblent particulièrement éveillés et incisifs : deux heures de débat avec eux, retransmis par Télé Maria –émission ponctuée de prières : assez déroutant, mais ce que l’on dit, ensuite, gagne en retenue, en solennité, en poids…

            (...) Un collègue Tchèque arrive de Prague et se joint à nous. Long repas avec quelques dirigeants de radio Maria, heureuse conversation sur l’Europe. Puis nouvelle émission, assez longue aussi, en studio cette fois. Impression d’un solide môle de résistance, y compris parmi la population qui nous pose des questions venues de plusieurs autres villes de Pologne. Comment n’avons nous pas su faire cela : une télévision souverainiste, une université d’esprit national ? Retour à Varsovie en autobus dans la nuit -et surtout un brouillard extraordinairement épais . Mauvais hôtel, courte nuit, aéroport du matin, désenchantement croissant des voyages….

 

 

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Mardi 4 novembre 2008 2 04 /11 /Nov /2008 14:46

Patrick Louis, député au parlement européen et secrétaire général du MPF, est consterné des révélations de la presse britannique au sujet d’un plan secret européen pour développer les semences et aliments génétiquement modifiés dans toute l’Europe.

Selon les minutes confidentielles rédigées à la suite d'une série de réunions à huis clos des représentants des 27 gouvernements sous l'égide de José Manuel Barroso, Bruxelles s'apprête à « activer » l'introduction des OGM et veut « s’occuper » de la résistance du public contre eux par des pressions sur les ministres et élus nationaux (The Independent, 26 octobre 2008).

La liste des participants montre que le Président français Nicolas Sarkozy et la Chancelière allemande Angela Merckel y avaient dépêché de proches collaborateurs.

Rappelant que la Vendée, présidée par Philippe de Villiers, est le seul "département sans OGM", Patrick Louis appelle Nicolas Sarkozy à poser, contre Bruxelles et malgré les traités, un veto ferme de la France sur les autorisations d'OGM envisagées.

"Bruxelles, les multinationales de la semence et maintenant les gouvernements s'entendent pour imposer la nourriture Frankenstein dans les assiettes des Européens. A la crise financière dont elle n'a pas su se protéger, l'Europe prend maintenant le risque d'ajouter la crise alimentaire." conclut Patrick Louis.

Plus d'informations ICI

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Vendredi 31 octobre 2008 5 31 /10 /Oct /2008 19:01

Extrait du bloc-notes de Paul-Marie Coûteaux

Samedi 11 octobre ; Mirebeau.
-
A la Bourse de Paris, les valeurs ont en moyenne perdu 22% cette semaine ; près de 50% depuis le début de l’année.

           Etonnante année 2008  : ouverte sur la célébration de « mai 68 », elle débouche finalement sur « l’automne noir » d’une crise financière sans pareille depuis 1929 – pire sans doute en ce que l’amoncellement puis l’écroulement du château de cartes usuraire ( le sacro-saint « crédit », clef de l’époque) aura des conséquences qui dépasseront le simple ajustement des années 30… Mai 68, crise financière, quel rapport ? Bien qu’il soit évident, peu d’esprits ont assez de recul pour l’apercevoir : pourtant, la formidable remise en question du politique, principalement de l’autorité de l’Etat et de l’autorité tout court, qui s’autocélébrait il y a quelques mois encore ne pouvait pas ne pas avoir remis tous les pouvoirs ou presque à une société civile dont il était immanquable qu’elle fût dominée par les oligarchies financières ; naïveté de taille que d’avoir cru qu’en remettant en cause l’autorité de l’Etat (« votre Etat » comme le disait si dédaigneusement le fier Cohn Bendit), on ne ferait pas le lit de l’argent-roi, à quoi l’Etat a pour raison d’être le contrepoids –cela depuis Philipe le bel au moins.

         La légitimité politique ou les puissances de fait, depuis toujours, il faut choisir; en choisissant de brocarder l’Etat sous toutes ses formes, « l’Etat-policier » , « l’Etat-patron », « l’Etat-ENA », et même « l’Etat-nation », en dénichant partout ses « dérives autoritaires », dans les médias, dans les écoles, ou les universités, ou « dans les têtes », autre slogan d’une génération qui ne fut rien d’autre qu’anarchiste dans son essence même,  en remettant en cause le principe cardinal de toute république, la souveraineté, elle a simplement confié le monde aux hégémonies supranationales et aux oligarchies de toutes sortes. Oh, certes, celles ci ne sont pas à blâmer : les empires font de la supranationalité par nature (cher Platon !), comme les financiers font de l’argent, c’est à dire comme les jardiniers font le jardin : nous n’avons pas à leur reprocher de faire ce pour quoi ils sont faits – moins encore à « chercher des coupables » comme l’a benoitement demandé le président de la république, lequel montre une fois de plus qu’il ignore au fond ce que peut bien vouloir dire le mot politique, qu’il confond avec un jeu dérisoire d’apparences –à quoi il la réduit en effet. C’est la politique, c’est l’Etat sous ses deux espères, producteur de droit à l’intérieur et, à l’extérieur, acteur des relations entre les nations qui est responsable des équilibres ou des déséquilibres du monde. A doubler l’Etat nation de mille façons, « acteurs de la société civile », ONG, indépendance des magistrats, liberté des professeurs, autonomie des régions, irresponsabilité de la presse devant quoi que ce soit, et bien entendu, Commission, Cours et Banques prétendument « européennes », à ériger les contre-pouvoirs de tous poils en maitres censeurs universels, à reléguer la souveraineté aux oubliettes et ses défenseurs aux musées empoussiérés (j’en sais quelque chose !), on a détruit les seules digues capables d’endiguer la réorganisation du monde selon la seul logique financière.

           L’époque qui enfin s’achève a t-elle-commencé en 1968, ou bien en 1974, quand l’Etat se mit tout à coup, tournant le dos à la grandeur gaullienne, laquelle est pourtant seule capable de donner à la France un élan), à se proclamer tout à coup « modeste » ? Ni 1968, ni 1974, sans doute, mais plutôt, exactement entre les deux, en ce jour d’aout 1971 où le président américain décida de ne plus assurer la convertibilité du dollar en l’or, libérant d’un coup la création de monnaie et donnant à ses détenteurs un pouvoir inégalable –ce que l’on commence à peine à payer aujourd’hui.

           Que faire ? surtout pas condamner le libéralisme, au sens du sage Péguy écrivant (dans « l’Argent » !) que le « libéralisme était le contraire du modernisme », en ce qu’il supposait justement un pouvoir qui fit équilibre, au nom même de la liberté, aux forces brutes  de la société industrielle, marchande, financière. Si clairvoyant Pierre Boutang qui, dans le « précis du foutriquet », pamphlet contre le Président de l’a-république d’alors, avait bien vu de quoi était fait ce libéralisme avancé » ; je l’entends encore : « avancé comme le camembert ! » et rien n’était plus contraire au libéralisme qu’une pareille pulvérisation du politique.  Que faire ? restaurer le politique et d’abord sa clef de voute juridique, dont dépens l’ensemble de son autorité et la conception même de la res-publica, la Souveraineté, telle que la théorisait déjà Jean Bodin, voici cinq siècles dans les « Six Livres de la République ». Souveraineté, Légitimité, primat du droit et de la loi sur le contrat et toute autre forme de négociation à quoi, devant les mille féodalités accourues à l'hallali, la puissance publique n’a cessé de s’abaisser depuis une génération

            Une génération longue de 35 ans : cette longévité où l’on peut certes apercevoir l’effet d’un allongement regrettable de la vie publique, est surtout le signe de la formidable conjonction de forces qui eurent intérêt à mettre l’Etat à la curée. Mais elle passera, les actuelles « grandeurs d’établissement » s’effondrant sans grand doute possible dans les inévitables probablement dramatiques crises sociales vers lesquelles nous plongeons. C’est vers l’Etat que l’on se tournera, que l’on se tourne déjà : encore faudra-t-il d’abord le reconstruire, sortir la puissance publique de l’impuissance chronique où elle s’est elle-même fourvoyer et dégager les conditions nouvelles, c’est à dire traditionnelles, de la souveraineté politique.

 

 

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Vendredi 31 octobre 2008 5 31 /10 /Oct /2008 11:31



"Je respecte l'opinion de l'Europe, mais elle ne sera jamais une autorité pour moi, en ce qui concerne les intérêts particuliers de mon pays ; je suis trop français pour oublier un moment ce que je dois à l'indépendance de la France."

François-René de Chateaubriand
(1768-1848)

* Cité p.202 du Dictionnaire De Gaulle, éd. Robert Laffont

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Jeudi 30 octobre 2008 4 30 /10 /Oct /2008 20:46

  Lundi 6 octobre, Paris.Depuis quarante ans, ils ont détruit les instruments les plus élémentaires de l’action politique, jusqu’à ses mots cardinaux ; ils croyaient découvrir  la paradisiaque nature, les voilà nez à nez avec les situations de force, des échafaudages de crédit, de faux argent, la pure anarchie, et nulle arme entre leurs mains. Keynes lui-même, ce Keynes aujourd’hui revenu sur le devant de toutes les scènes, postulait l’existence d’Etats en ordre, suffisamment puissants pour mener une politique. Ces Etats, aujourd’hui, où sont-ils ? A quel « keynésianisme » peut-on penser sans Etat ?



 
Mercredi 8 octobre ; Bruxelles.Chaque jour, j’écoute sans émotion la chute des cours de bourse : non parce que je n’ai pas la moindre action -j'ai choisi depuis lurette, en fait de placement, la pierre et l’or, en somme des choses réelles, ce dont je me porte fort bien du point de vue personnel. Ce qui m’intéresse le plus, c’est la négation de la crise, qui est bien davantage qu’une crise, et le grand art qu’ont les uns et les autres de la minimiser. Or, elle se poursuivra aussi longtemps que se prolongera sa cause première, la désertion du politique, ou, pour dire la même chose autrement, la pulvérisation de la souveraineté : c’est  bien cela qui, laissant les « puissances d’argent » seules en scène, jusqu’à la folie, leur a permis de faire n’importe quoi .

          La civilisation française repose depuis toujours sur une tension entre trois ordres : spirituel, politique et économique. La tension du spirituel et du temporel, ou laïcité, n’entre pas ici dans notre propos – encore que sa propre désertion, c’est à dire l’effacement d’une religion partenaire, le christianisme, contribue à l’absolutisme des logiques économiques. Mais ce qui a fait le plus cruellement défaut depuis 30 ans (1971 peut-être, avec la fin de la contrainte de la convertibilité fixée à Breton Woods), c’est la complète abdication de la décision politique et sa fuite générale dans l’anticipation financière confondue avec la croissance, dans la dépense publique, le déficit et la dette confondues avec le gouvernement des hommes (on ne décide plus, on dépense) et dans la création de monnaie confondue avec la prospérité – aux Etats-Unis, depuis 1972, la création monétaire a été multipliée par 24. Depuis, « le flouze n’a plus personne en face » comme l’écrit sans plus de façon Régis Debray dans « L’argent maître », titre du dernier numéro de sa revue, Médium : rien n’y résiste, ni même l’art, mais surtout pas la politique, qui, abdiquant toute autorité propre et ses signes (des lois, rarement appliquées, aux serviteurs de l’Etat, perpétuellement moqués, à la raison d’Etat, disqualifiée, en passant par son attribut suprême, ce mot de « souverain » désormais réservé à… des fonds ! ). Complet renversement de notre équilibre social millénaire, quand Rois et Républiques veillaient à tenir en bride (ce qui ne veut pas dire brider) les puissances économiques et financières. Le « politique d’abord » règle toute notre histoire, les épisodes qui l’illustrent étant innombrables –que l’on songe seulement à la figure de Philippe le bel domptant à la fois le Pape, et les Templiers.

               Or l’intrusion de la logique financière dans le domaine propre du politique a pris des proportions stupéfiantes : l’affaire Dexia a incidemment mis à jour que la banque sauvée in extremis servait « d’interface » à l’Etat pour financer plusieurs investissements décentralisés. Quel besoin a l’Etat de recourir à une banque pour assurer ses propres dépenses ? On n’en finirait pas d'énumérer les signes de l’auto-dessaisissement de l’autorité politique – de la souveraineté – laissant  la bride sur le cou à toutes les puissances de fait.

 

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Mercredi 29 octobre 2008 3 29 /10 /Oct /2008 18:03

Paul-Marie Coûteaux,
député français au Parlement européen et Président du RIF
 

sera l'invité du colloque 
 

'La Russie, la France et l'Europe dans la géopolitique internationale'

organisé par

l
’Institut Périclès
et
l’Institut pour la Démocratie et la Coopération 

Mercredi 5 novembre 2008
de 19 heures à 21 heures 30 e
n Sorbonne
17, rue de la Sorbonne (Amphithéâtre Cauchy)

 

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Mercredi 29 octobre 2008 3 29 /10 /Oct /2008 11:02

" Il y a une nécessité de coordination européenne, de retour des États dans la construction européenne. Aujourd’hui, l’Europe des réalités, c’est l’Europe des États, ce n’est pas l’Europe du communautarisme idéologique suranné."

C'est ce qu'a déclaré le député UMP Jacques Myard pour conclure son intervention du 27 octobre, lors d'une séance sur le prélèvement européen. (Voir l'intégralité du discours ICI). Bravo !

Par Quotidien de Babylone - Publié dans : Europe - Communauté : Souverainisme
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Mercredi 29 octobre 2008 3 29 /10 /Oct /2008 10:35

Tout en saluant les mesures prises par le gouvernement afin de lutter contre le chômage, Phillipe de Villiers demande que l'on s'attaque à la cause du fléau, c’est-à-dire aux délocalisations qui chaque jour suppriment des emplois en France ; après la Camif, la Redoute, Renault, Hewlett-Packard, combien d’entreprises, de sous-traitants, et donc d’emplois devront être encore sacrifiés avant que l’Union européenne ne décide de protéger le travail ?

Le président du MPF demande à Nicolas Sarkozy d’exiger de la Commission de Bruxelles une protection européenne et un grand plan de relocalisation pour protéger nos emplois.
(MPF)

Par Quotidien de Babylone - Publié dans : Economie - Communauté : Le Club des Citoyens
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Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /Oct /2008 10:32



"Rien n'est plus raisonnable en France, rien n'est plus français,
que d'attendre l'inattendu... Dieu merci."

 Philippe Barthelet, Eloge de la France, 2003

Par Quotidien de Babylone - Publié dans : Citations - Communauté : Souverainisme
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Samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /Oct /2008 13:17

Qui s’en souvient encore ? Le 19 février 2005 était adopté par l’Assemblée un amendement signé Jérôme Rivière, député UMP des Alpes-Maritimes, ainsi libellé : « L’enseignement d’éducation civique comporte obligatoirement l’enseignement de l’hymne national dans les établissements du premier degré. » Faisant suite aux sifflets entendus durant la Marseillaise lors du match de football France-Algérie du 6 octobre 2001, le député, dénonçant « une atteinte à l’intégrité de la République » entendait ainsi promouvoir les « valeurs » de la République » et favoriser « l’intégration ». Compte tenu de l’ampleur du problème, l’apprentissage de la Marseillaise ne saurait, certes, y parvenir seul. Reste qu’il pouvait y contribuer. Problème : bien qu’adopté à l’unanimité des députés de droite, ce texte – inclus dans le cadre de la loi… Fillon, alors ministre de l’Education nationale - n’a jamais été appliqué ! Et ce sont des sifflets encore plus appuyés qui viennent de « saluer » la Marseillaise lors du dernier match France-Tunisie. Exclu de l’UMP pour avoir apporté son soutien à Philippe de Villiers de la présidentielle, et battu lors des législatives suivantes, Jérôme Rivière – qui sera candidat aux européennes - n’en démord pas. Auteur de « La droite la plus repentante du monde » (Le Rocher), il réclame, en plus de l’application de son texte, de « fortes amendes » contre les « siffleurs ».

source : Valeurs Actuelles

Lire la suite sur le blog de Jérome Rivière

Par Quotidien de Babylone - Publié dans : Culture - Identité - Communauté : Politique française
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Samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /Oct /2008 10:22
Cette fois c'est sûr ! L'Education Nationale touche le fond ! Et ce n'est pas un canular...
En ligne sur le site du ministère, vous pouvez trouver un film aussi navrant que désespérant afin de promouvoir un concours intitulé "3 mots pour l'Europe". 

Si les lycéens n'apprécient pas qu'on les prenne pour des imbéciles, nous les encourageons à le faire savoir au plus vite à Xavier Darcos en écrivant à cette adresse :

Ministère de l'éducation nationale
110 rue de Grenelle
75357 Paris SP 07

 

Par Quotidien de Babylone - Publié dans : Famille - Education - Communauté : Le Club des Citoyens
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