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Vendredi 17 avril 2009 ; Paris. - Dans une notre adressée au ministre des Affaires étrangères le 17 juillet 1961, de Gaulle écrivait : " Quand on ne veut pas se défendre, ou bien on est conquis par certains, ou bien on est protégés par d'autres. De toute manière on perd sa personnalité politique." Qu'on veuille bien s'interroger un instant sur ce que signifie la perte de toute personnalité politique en temps de crise : c'est la perte de la souveraineté c'est à dire de la capacité d'agir, de la capacité de vouloir, de la capacité de répondre aux défis du monde : privé de tout instrument pour y répondre, un pays attaqué par ce sur les multiples fronts, industriels, financiers et budgétaires de ce que l'on nomme « la crise », est balloté comme un bouchon dans l'Océan et la crise devient finalement une longue décadence. Quand de Gaulle écrit dans ses mémoires "il faut désormais que ce que nous faisons et disons le soit indépendamment des autres" il formule une exigence simple celle de tous les peuples libres - celle-là même aujourd'hui que nous avons presque complètement perdue de vue.
Il en va pour la défense comme toute volonté politique, de quelque ordre qu’elle soit, jusqu’au souci de civilisation. Comme l’a montré Jean-Paul II dans son discours de l’Unesco en juin 1980, tous nos attachements fondamentaux, nos traditions religieuses, notre langue, nos valeurs prennent vie dans le cadre de la Nation. Tout ce qui nous en détache nous livre à tous les vents dominants.