par Eurojunkie ( liberation.fr)
A première vue l'alliance Libertas, qui regroupe des partis eurosceptiques venant d'une douzaine d'Etats membres en vue
des élections européennes, pourrait être considérée comme un succès. Ainsi cette coalition se présente comme surfant sur la même dynamique qui a vu le traité constitutionel et le traité de
Lisbonne être rejetés en France, aux Pays-Bas et en Irlande. Son leader, le richissime Irlandais Declan Ganley prédit que 100
députés européens Libertas seront élus.
En France, en décalage complet avec cet optimisme triomphant, l’alliance du MPF et du CPNT sous cette bannière Libertas
n’en finit pas d’intriguer les militants souverainistes. Voire de le mettre sérieusement en colère. Ainsi, Georges Martin a démissionné de son poste de Président de la fédération MPF de Seine et
Marne. Martin ne mâche pas ses mots et dénonce, entre autres:
«L'alliance avec un mouvement "paneuropéen" sur lequel, ainsi que son président M. Declan Ganley, nous n’avons
eu que très peu d’informations, et sur lesquels pèsent de nombreuses interrogations (…) [la] disparition de l’appellation MPF au profit de la dénomination Libertas jusqu’à présent inconnue de
tous…»
Libertas est de plus en plus problématique pour les souverainistes. Par exemple, la charte graphique du parti met au rebut les références patriotiques traditionnelles du MPF. Désormais, sous
Libertas, avec une communication prise en charge par des gens de Paris, toute référence à la France se retrouve gommée dans une soupe corporate sans saveur.
L’alliance elle-même avec le CPNT apparaît comme contre-nature. Ainsi, Frédéric Nihous, le chef du parti des chasseurs, ne se définit pas comme souverainiste,
idéologie qu'il trouve dépassé. Quant au CPNT, parti avant tout anti-écolo, la droitisation qui résulte de l’alliance avec le MPF ne plaît pas à tout le monde. La logique aurait voulu que le MPF
cherchât alliance avec Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan.
Mais ce sont surtout les positions même de l’alliance Libertas qui sont de nature à faire douter les plus fervents
villieristes. On peut par exemple trouver cette phrase ahurissante dans le compte-rendu de la convention fondatrice du mouvement, qui s’est tenue la semaine
dernière à Rome:
«Le projet de Libertas c’est précisément que l’Europe renoue avec l’esprit du traité de Rome, avec l’Europe
que souhaitaient ses pères fondateurs.»
Sérieusement, qui peut penser que de Villiers approuve ce message? Qui peut croire que de Villiers veut renouer avec l’Europe des pères fondateurs? C’est d’ailleurs la question que posait
Paul-Marie Couteaux, le député européen MPF évincé suite à la fusion MPF-CPNT, à Philippe De Villiers:
«Cher Philippe, je n’ai pas écrit ce que j’ai écrit depuis Maastricht pour célébrer à Rome (…) le traité de
Jean Monnet. Ouvrez enfin les yeux.»
Cette alliance hétéroclite a d’ailleurs vu ses limites lors de cette même convention. Ainsi, Lech Walesa, invité par Ganley, s’est vu conspué par
les…partisans de Libertas Pologne. Le même Walesa en a profité pour rajouter une couche sur l’européanisme de Libertas :
«Ce projet européen a tous les ingrédients pour devenir une force historique positive dans le monde et grandir encore plus que ce qu’il est maintenant. Mais pour que cela arrive, nous devons
tenir compte du message de Libertas et mettre les gens au cœur du projet.»
Cette prise de parole de Walesa a fait grand bruit en Pologne. Walesa affirmant ne pas soutenir Libertas et n’avoir parlé à cette convention que pour l’argent. Notons au passage que deux jours auparavant, Walesa se produisait à Varsovie à la conférence du Parti Populaire
Européen, dont fait partie l'UMP.
Le grand thème de campagne de Ganley est la transparence en Europe. Cette insistance sur la transparence commence à être fatigante tant Libertas est un mouvement obscur. Comme le rappelle Honor
Mahony du Irish Times, en Irlande, Ganley a tout fait pour dissimuler les comptes de sa campagne anti-Lisbonne. En Suède, le mouvement est accusé d’avoir offert de l’argent à des
candidats potentiels. En Pologne, Libertas est soupçonné de contourner les lois de financement des partis. Notons, qu’en France, le mouvement joue à cache-cache sur Internet, et que des agences de com’ travaillant pour le mouvement refusent de répondre aux questions des
journalistes au sujet de respect de droits d’auteurs et de publication de certaines dépenses de campagne sur des vidéos de campagne de Libertas.
Au final, Libertas arrive à détruire l’idée de souverainisme et à diviser le mouvement, bref, le rêve des fédéralistes. Qui dit mieux?
A l'occasion des élections européennes,
Paul-Marie Coûteaux disposera d'un blog de campagne
que vous pouvez dès à présent consulter sur
http://couteaux2009.blogspot.com/
Une délégation du MPF conduite par Philippe de Villiers, Président du MPF et composée de Patrick Louis, Secrétaire général et
de Christophe Beaudouin, conseiller du groupe Indépendance et Démocratie au Parlement européen (députés euroréalistes), a rencontré le mardi 11 novembre Vaclav Klaus, Président Tchèque, mais
aussi futur Président de l’Union Européenne, à Dublin en compagnie de Declan Ganley, le leader du Non Irlandais.
Vaclav Klaus effectuait pendant 48 heures une visite d’Etat en Irlande au cours de laquelle Declan Ganley a souhaité l’inviter à dîner en présence de plusieurs chefs de file des euro-réalistes de différents pays de l’Union.
Au cours du dîner, Vaclav Klaus a déclaré que la liberté et la démocratie ne sortiraient pas renforcées de la ratification du Traité de Lisbonne, bien au contraire. Declan Ganley a tenu à souligner que l'Europe était de plus en plus gouvernée par une élite bruxelloise qui est sur le point d'abandonner l'expérience démocratique européenne.
Philippe de Villiers a souhaité que Declan Ganley réussisse à l'échelle européenne ce qu'il a fait en
Irlande lors du référendum et a indiqué qu'il l'aiderait lors des prochaines élections.
Enfin, Vaclav Klaus a souligné qu'en cas de victoire de Declan Ganley aux élections européennes, il serait le premier à le féliciter.
Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,
Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre.
Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre.
Heureux ceux qui sont morts d'une mort solennelle.
(...)
Heureux ceux qui sont morts, car ils sont retournés
Dans la première argile et la première terre.
Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre.
Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés.
Charles Péguy, décembre 1913
> Le 5 septembre 1914, le lieutenant Charles Péguy est
tué d'une balle dans le front en pleine attaque victorieuse.
Discours de Declan Ganley, président de Libertas, leader du "non" irlandais au traité de Lisbonne
Université d'Eté du Mouvement pour la France - 21 septembre 2008, Espace Pierre Cardin, Paris
(traduit de l'anglais)
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
Vous êtes Européens, comme je suis Européen.
Je suis fier d'être Irlandais et Européen.
En effet, nous sommes tous fiers d'être Européens. (...)
Nous sommes ici aujourd'hui réunis venant de Paris, de Marseille, de Lyon, de Vendée, de nos villes et villages de France, et en effet de cette Europe qui est la nôtre.
Je dis bien notre Europe, pas la leur, pas celle des élites non élues et irresponsables, mais notre Union Européenne, celle des peuples et des centaines de millions de citoyens qui sont l'Europe.
Cette Europe est à nous ! Et nous, les peuples, devons nous employer à décider du futur de l'Europe et de notre rôle à chacun, en son sein. (...)
Comme je l'ai fait remarquer au Président Sarkozy il y a quelques semaines: "Le Traité de Lisbonne est mort" (prononcé en français)
Selon ses propres règles, l'Union européenne ne peut plus continuer à ratifier cette constitution recyclée. Ce texte, une constitution déjà rejetée dans les urnes par vos concitoyens, ainsi
qu'aux Pays-Bas, il y a seulement trois ans.
Et qu'est ce qui a changé durant ces trois années ?
Les élites non élues et irresponsables ont sciemment ignoré la volonté démocratique des peuples de France et des Pays-Bas et ils recommencent en Irlande
Ces élites ont conspiré pour changer seulement les quelques éléments de la Constitution qui pourraient de nouveau déclencher des référendums dans les Etats membres.
Ces élites ont décidé qu'elles savent mieux que nous ce qui est bon pour nous et que nous n'avons de fait plus besoin d'être consultés davantage.
Et maintenant en Irlande, les hommes de l'ombre à Bruxelles s'efforcent d'étouffer la voix du dernier peuple libre, dont les citoyens furent les seuls d'Europe à avoir fait entendre leur voix.
Plus triste encore, ils sont de connivence avec les médiocres leaders de ce peuple qu'en fin de compte ils trahissent.
Est-ce ainsi que Bruxelles se propose de résorber le déficit démocratique du projet européen ? Est-ce vraiment comme cela que nous, Européens allons construire un futur fort, durable et rempli de
succès pour l'UE.
Est-ce ainsi que nous pourrons transformer le projet au service de la paix, le plus ambitieux des temps modernes en un projet économique, démocratique et social prometteur pour le 21ème siècle et
au delà ?
Non !
Pensent-ils vraiment que nous, peuples d'Europe, soyons stupides à ce point ?
Pourquoi ont-ils si peur d'un demi-milliard de citoyens d'Europe ? Pourquoi méprisent-ils leurs peuples ?
Pourquoi ne sont-ils pas aussi fiers de leurs citoyens que ces mêmes citoyens sont fiers d'être des Européens ?
Je suis particulièrement fier du peuple irlandais, qui a stoppé le traité de Lisbonne et pour avoir donné à nos amis européens l'opportunité de s'interroger réellement sur le but de l'Europe et
sur les moyens de préparer notre avenir.
Il est clair que pour réussir, l'Union Européenne doit s'appuyer sur la souveraineté citoyenne, celle qui vient d'en bas, plutôt que sur la volonté des élites, qui vient d'en haut.
(...)
La première règle pour un éventuel nouveau traité fondamental doit être la suivante : si le texte dépasse vingt-cinq pages, la réponse est "non". Le texte devra ensuite être soumis à des
referendums et tous les peuples d'Europe devront alors pouvoir l'approuver ou non.
Leurs choix seront définitifs car c'est bien du peuple que tout pouvoir politique tire sa légitimité. C'est très important car c'est là l'essence même de notre liberté. Si le peuple dit non, on
se remet au travail, Bruxelles ne va continuer à poser sans cesse la même question stupide !
Nous somme ici en France, un pays dont le nom même se confond avec liberté. La France, fille ainée de l'Europe, ce merveilleux coin de Terre à travers les âges.
Depuis la Gaule, la Bretagne, la Bourgogne, la Vendée et la Normandie, les Gaulois, les Francs, le peuple français a toujours vécu et respiré cet esprit de liberté, de justice et de courage dans
l'adversité.
La France est le cœur battant de l'Europe.
Et la France peut être la clef de voûte de la construction de l'avenir de l'Europe.
C'est ici que doit être décidé l'avenir de l'Europe et assuré pour ses citoyens, pour nos générations futures et pour la pérennité de notre civilisation. Tel fut le rôle de la France à travers
les siècles : relever les défis qu'a eu à affronter l'Europe.
En 1940, un grand homme français s'est dressé seul depuis un sol étranger, pour dire non aux ennemis de la Liberté.
Avec cette grande victoire, Charles de Gaulle, ce noble fils de France a restauré l'espoir de la civilisation occidentale et maintenu allumée la flamme de la culture européenne pour les
générations futures. Des principes enracinés dans les fondations de la démocratie grecque, de la "Respublica" romaine et des valeurs judéo-chrétiennes.
La précieuse dignité de l'Homme, l'Etat de droit, la valeur du travail et de l'effort, le sens du sacrifice et le rejet de toute forme d'esclavage et d'aliénation du corps et de l'esprit. Et, le
plus important, la valeur et le pouvoir de l'amour et du respect de chacun.(...) La vérité est que la France a toujours été féconde de bonnes idées qu'elle a mises en lumière. Comme Jeanne d'Arc
ou Charles de Gaulle, je crois que pour la France et l'Europe, les jours meilleurs sont devant nous.
Parmi ces idées visionnaires, la France a eu le courage de dire non à la Constitution européenne.
Ce que l'élite irresponsable de Bruxelles ne parvient pas à comprendre, tandis qu'ils essayent de modeler l'Europe au travers de piles toujours croissantes de directives, règles traités et
règlements, c'est que les traités sont écrits sur du simple papier. Ils ne sont pas inscrits dans les cœurs des hommes et des femmes d'Europe.
Cette Europe dans sa version bruxelloise, échoue à parler aux cœurs des européens. Mais cet échec, s'il continue d'être le résultat de l'échec plus large d'un projet européen doit être dénoncé.
La bonne nouvelle est que ce projet pourrait être sauvé.
Il pourrait être sauvé en ouvrant les fenêtres pour laisser briller les lumières de la démocratie, de la transparence et de la responsabilité dans les coins sombres de l'establishment bruxellois.
C'est d'ailleurs une Europe que n'auraient pas reniée Schuman ou Monnet. (...)
En juin prochain, lors des élections européennes, la France pourra s'exprimer sur le traité de Lisbonne. Vous avez déjà dit non, il est temps de réitérer ce non à la même méthode
anti-démocratique et de demander une Europe responsable et démocratique.
Les élections européennes de l'an prochain pourront être le référendum refusé aux peuples d'Europe. Il y aura un choix simple entre des candidats qui soutiennent le système et n'arrêteront
pas le traité de Lisbonne et ceux qui dans une perspective positive et pro-européenne souhaitent inclure la démocratie au cœur du projet européen.
Que la France reprenne la main ! Dites "non" à l'anti-démocratie ! Rejoignez nous pour remettre la France au cœur du défi et rendre l'Europe à ceux à qui elle appartient : son presque
demi-milliard de citoyens avec leurs ambitions pour leurs enfants, leurs petits enfants et nos générations futures.
Continuons ensemble avec courage et confiance, disons "Bonjour l'Europe !", ce siècle nous appartient à nous, peuples d'Europe, qui avons ce qu'il faut pour diriger le monde.
Invitons le monde entier à voir et témoigner d'une nouvelle renaissance européenne, économique, industrielle, éducative et championne des valeurs individuelles et de la liberté humaine.
(...)
Non à la faillite démocratique du traité de Lisbonne,
Oui à une Europe des démocraties, transparente et responsable,
Une Europe qui illumine et étonne le monde.
Vive la France
Vive l’Irlande
Vive l'Europe
Editorial du journal L'Indépendance, septembre 2008 (n°49)
Les Européens sont en désaccord sur à peu près tous les sujets de politique internationale », admet Hubert Védrine ce 9 septembre sur France Inter. Ce n'est pourtant pas un grand effort que l'on demande aux capitales
européennes : se démarquer de la stratégie de la tension permanente avec la Russie, si évidemment entretenue contre les intérêts européens, d'une part pour perpétuer la division de l'Europe en
deux et en lier la majeure partie à la tutelle atlantique, d'autre part pour manipuler, avec la complicité active de la Turquie, le chapelet des républiques d'Asie centrale dont la valeur
stratégique ne cesse de croître. Si l'Europe voulait s'unir, elle pourrait aisément le faire autour d’une ligne de bon sens visant à développer les partenariats politiques, financiers,
économiques et culturels avec un “grand voisin”, qui donneraient sa vraie dimension à l'ensemble européen - assurant, par sa complémentarité, à la fois son indépendance et son unité.
L'effondrement du bloc soviétique était une promesse : mais celle-ci est gâchée chaque année davantage. Symbolique fut à cet égard l’absence française aux obsèques de Soljenitsyne : nos rares
ministres qui n'étaient pas en vacances ayant préféré assister à l'ouverture des petits jeux pékinois, la France ne fut même pas représentée par notre ambassadeur, « absent de Moscou » - significatif aussi que le seul homme politique français qui ait fait le déplacement soit Philippe de Villiers, accompagné
par le député MPF Dominique Souchet.
Combien serait simple de reconnaître l'évidence : humiliée par une obsessionnelle stratégie d'encerclement, victime au Kosovo d'une incroyable provocation, la Russie ne pouvait abandonner de surcroît ses vieux alliés ossètes à l’heure où ils étaient bombardés tout à trac par le maître de Tiflis (sottement dénommée aujourd'hui « Tbilissi »), le président américano-géorgien Saakachvili. S'affirmer solidaire des Ossètes, qui ont réclamé par référendum en 1992 leur rattachement à la Russie, c’est ce que l’on aurait fait aussitôt pour n'importe quel peuple persécuté : voilà qui, cette fois, eut été une diplomatie européenne indépendante. Au lieu de quoi on s'aligna, et en désordre, puisque, aux voyages de MM. Kouchner et Sarkozy en principe « président de l'Europe », se sont ajoutés ceux du suédois Carl Bildt au nom du Conseil de l'Europe, de Madame Merckel et de son ministre Steinmeier, puis une “initiative” polono-ukrainienne, appuyée par Londres, qui n'était que la copie des diatribes guerrières de Washington, dont seul s'est démarqué le cavalier seul italien, jouant sa partition dans son coin. A quoi préside donc la présidence ?
Il faut dire que la cacophonie est telle que les déclarations toujours atlantistes du Haut Représentant pour la Politique Etrangère, M. Solana, ne coïncidaient guère avec celles de la Commissaire chargée des Relations Extérieures, Mme Ferrero-Waldner. Quand après cela on entendit Monsieur Kouchner annoncer devant le Parlement européen que l'UE suspendait toutes les réunions prévues au titre du « partenariat stratégique avec la Russie » que l’UE avait elle-même lancée en juillet, on sombra dans la pantalonnade. En fait, le caravansérail dit « européen » n'a plus rien de sérieux.
Transformer les européennes en référendum
Plus sérieux apparaît en revanche le camp des NON au traité de Lisbonne qui s'organise à vive allure à l’échelle européenne. En juin dernier, le coup de boutoir irlandais, s'ajoutant aux précédents français et hollandais, attirait l'attention sur une flopée de sondages annonçant que le NON était également majoritaire dans plusieurs autres pays de l'UE. Depuis, le vent de Dublin galvanise toutes les énergies : lors de la session de rentrée tenue à Bruxelles (et non à Strasbourg pour cause d’absence de plafond ! ), une conférence de presse de l’Irlandais Declan Ganley, notre prix de l’Indépendance de juillet, réunit une flopée de journalistes et caméras comme on n’en voit rarement en ce lieu : le sémillant Ganley annonça la création d’un réseau européen de tous les NON, l’objectif étant de présenter des candidats dans un très grand nombre de pays névralgiques lors des européennes de juin prochain. Si les médias d’Europe (mais pour l'instant peu de français, comme d'habitude...) s'attachent aux basques de ce nouveau venu, c'est qu'il a donné des preuves de son efficacité : en avril dernier, nous observions que la campagne irlandaise était morne, les sondages annonçant certes 25% de OUI seulement, mais pas plus de 17% de NON : c'est alors qu’il entra en scène, ne ménageant ni son temps, ni ses moyens personnels, avec un rayonnement personnel qui saute aux yeux, couronné du succès que l'on vit. Son intention est d’élargir la campagne aux dimensions de toute l’Europe et de transformer les prochaines européennes en un vaste référendum sur Lisbonne : il ne s'agit rien moins que d'envoyer à Bruxelles et Strasbourg une majorité de députés “euro-réalistes” propre à gripper la grande broyeuse… Pari délicat qui, bien qu’il ne suffise sans doute pas à abattre la citadelle, changerait tout de même la donne assez substantiellement…
Si l'on songe que l'opposition à Lisbonne est majoritaire dans la plupart des pays, le pari n'est pas hors d'atteinte ; d’autant que, si le parti du NON est déjà organisé dans plusieurs d'entre eux et représenté au sein de notre groupe Indépendance& Démocratie - groupe sur lequel l’entreprise prend d’ores et déjà appui -, de nombreuses autres nations n'ont pas encore de parti du NON : que l'on songe à l'Allemagne (où les opinions négatives sur l'euro restent majoritaires d'après les sondages), à l'Italie, l'Espagne, le Portugal, l'Autriche ou la Hongrie (deux pays où il commence pourtant à s'organiser) et l'on mesurera le vivier d'opposants encore inexploité et, partant, la probabilité d'une surprise en juin prochain.
Notre combat change ainsi d'échelle. La contribution de la France doit être exemplaire. Il serait impardonnable de ne pas multiplier le nombre de nos sièges à Strasbourg et Bruxelles, conformément au rôle pionnier qu'a joué la France, première à s'opposer à la Constitution supranationale, d'autant que nous avons désormais les moyens, les relais, et, depuis le 29 mai, une forte légitimité populaire. A nous de donner à ce combat l'unité de volonté et d'énergie que requiert son immense enjeu. Alors que la plupart des souverainistes se sont assoupis dans des chapelles, lesquelles n'ont manifestement pas la taille minimale requise pour relever pareil gant, il est réconfortant que la réunion des Non européens puisse se faire à Paris, dès le 21 septembre, lors de notre Université de rentrée qui accueillera, autour de Declan Ganley, une dizaine de députés européens du groupe Indépendance&Démocratie. A cette grande rencontre sont conviés tous les militants et tous les porte-parole du NON, de quelque horizon qu'ils viennent. Depuis toujours, je suis convaincu que l'unité ne se fera pas par la réunion de cénacles mais par des réseaux de cette sorte, par des manifestations de rue, par des journaux s'adressant au grand public, par des listes électorales ouvertes à tous les courants, comme je l'ai fait moi-même en Ile-de-France en 2002. Que l'on vienne en masse les 20 et 21 septembre prochains ! Pour la première fois depuis quinze ans, nous menons le jeu : la victoire est à portée de nos mains !
Paul-Marie Coûteaux Paris, 15 septembre 2008
Intervention du député britannique
Daniel Hannan aux universités d'été du MPF, le 21 septembre
2008
C'est un honneur pour moi d'être parmi vous aujourd'hui, invité par le seul parti en France qui a toujours su parler honnêtement, avec courage et
patriotisme.
Et c'est un honneur d'être ici aux côtés de mes chers amis, Philippe de Villiers, Patrick Louis et Paul-Marie Coûteaux. Ces hommes sont les héros français du Parlement européen. Mais ils sont aussi les héros de tous ceux qui sont attachés à la liberté en Europe.
Je suis également ici en temps que Président de l'Intergroupe SOS Démocratie, qui rassemble les députés de 15 pays qui s'opposent au Traité de Lisbonne, et qui veule que soit respecté les résultats des référendums. Nous sommes, pour l'instant, en minorité au Parlement européen ; mais Dieu sais que nous représentons une majorité des peuples.
Votre combat, mes amis, est le combat de toutes les nations. Lorsque vous avez voté contre la Constitution européenne en 2005, votre bulletin a été un vote par procuration pour des centaines de millions d'autres européens. Ce fut un grand moment pour la France, et un grand moment pour la démocratie. Jamais au cours de ma vie, l'honneur de votre pays n'aura brillé avec autant d'intensité que ce jour-là.
Vous avez des alliés et des admirateurs dans chacun des autres pays d'Europe. Et nous aussi, nous avons une certaine idée de la France. Et cette idée ne repose pas simplement sur vos incomparables paysages, sur la gloire de votre langue, sur la richesse de votre cuisine, ni sur la durée de votre histoire. Notre idée de la France est celle d'un pays souverain ; de la France comme puissance indépendante.
Permettez-moi d'illustrer ce que je veux vous dire par une petite histoire. Le plus francophile des députés ayant jamais siégé aux communes s'appelait Sir Harold Nicolson. En 1940, son monde s'est écroulé. Il s'est montré bien plus catastrophé par l'occupation de la France que par la perspective, alors presque certaine, de la chute de la Grande-Bretagne. La civilisation européenne, écrivait-il, ne pouvait exister que si la France était elle-même. Le monde entier, poursuivait-il, souffrait de la disparition de la souveraineté de la France.
Immédiatement après la Libération, Nicolson prit le premier ferry à destination de la France. Lorsqu'il débarqua à Dieppe, il s'inclina pour toucher le sol. Un porteur le vit et lui demanda : « Monsieur a perdu quelque chose ? » Nicolson lui répondit : « Non, j'ai retrouvé quelque chose. »
Et ceci, chers amis, est ce que la reste de l'Europe a ressenti aussi le 29 mai 2005 lorsque la nouvelle s'est répandue du Non français. Nous aussi, nous avons retrouvé quelque chose.
Quelle fut la réaction de nos maîtres à Bruxelles ? Ont-ils accepté le verdict des électeurs ? Ont-ils tenté de modifier leur projet afin qu'il corresponde aux souhaits du peuple ? Non. La constitution fut ramené à la vie sous la forme d'un zombie appelé Traité de Lisbonne.
Il y a quinze jours à peine, j'ai eu l'occasion d'assister à Londres à un discours du père de la Constitution, Valéry Giscard d'Estaing. Il a admis avec une admirable franchise que la seule modification de son texte aura été une remise en forme destinée à le rendre illisible.
Aujourd'hui, ce texte a été rejeté par trois fois. Par 55% des électeurs français, par 62% des électeurs néerlandais, et par 54% des électeurs irlandais. Et, croyez-moi quand je vous dis qu'une proportion encore plus grande de l'électorat britannique aurait voté Non !
Toutefois, le processus de ratification se poursuit quand même. La plupart des éléments importants dans la Constitution - le service diplomatique européen, la Charte des droits fondamentaux, l'intégration de la justice et des affaires intérieures - ont déjà été mis en œuvre tout comme si la Constitution avait été approuvée et était légalement en vigueur.
Les leaders de l'Europe ont en quelque sorte repris les mots terrifiants de Bertolt Brecht : « Ne serait-il pas plus facile de dissoudre le peuple et d'en élire un autre à sa place ? »
Et bien, mes chers amis, Nicolas Sarkozy peut bien avoir renversé le résultat de votre référendum, mais vous avez une nouvelle occasion de vous faire entendre. Le 4 juin, il vous reviendra d'élire vos représentants au Parlement européen. Vous aurez le choix entre ceux qui portent à Bruxelles la voix de la France, et ceux qui sont les porte-paroles de Bruxelles en France. Vous aurez le choix entre la stagnation et le renouveau, entre la technocratie et la démocratie, entre la servitude et la liberté. Vous pouvez non seulement réélire ces trois champions, mais bien d'autres aussi, qui, comme eux, parleront pour la France et pour tous les peuples d'Europe.
Sachez que vous ne manquerez jamais d'amis.
"Mon cœur appartient aussi à la France (…). Quand la nuit était la plus obscure, la France a été le phare. Quand il était mal vu de demander notre liberté, la France ne s’est pas tue.
(...).
Je ne pourrais pas croire qu’il est possible de se libérer un jour d’ici, si je ne connaissais pas l’histoire de la France et de son peuple. J’ai demandé à Dieu qu’il me recouvre de la même force
que celle avec laquelle la France a su supporter l’adversité, pour me sentir plus digne d’être comptée parmi ses enfants.
J’aime la France de toute mon âme, les voix de mon être cherchent à se nourrir des composants de son caractère national, elle qui cherche toujours à se guider par principes et non par
intérêts. J’aime la France avec mon cœur, car j’admire la capacité de mobilisation d’un peuple qui, comme disait Camus, sait que vivre, c’est s’engager. (…) Toutes ces années ont été
terribles, mais je ne crois pas que je pourrais être encore vivante sans l’engagement qu’ils nous ont apporté à nous tous qui, ici, vivons comme des morts"
.
Extrait d'une lettre adressée par Ingrid Betancourt à sa mère, il y a quelques mois.
La Provence, dimanche 29 juin,
entretien avec Philippe Reinhard
(extraits)
"Les Irlandais ont parlé pour les autres peuples"