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Culture - Identité

Dimanche 22 février 2009 7 22 /02 /2009 10:14

Bloc-notes de Paul-Marie Coûteaux

Dimanche 15 février, Paris. -
J’exhume par miracle de ma petite discothèque de Paris le Quintète pour piano de César Frank interprété par Mickaël Levinas, que je n’ai pas écouté depuis longtemps. Or,  cette œuvre a, comme beaucoup d’autres créations de la période, une discrète raisonnance politique : on est à l’époque où les  musiciens français tentent de faire pièce à la suprématie de la musique allemande en France ; c’est le sens de la constitution, le 17 novembre 1871 (la date parle d’elle-même), de la « Société Nationale de Musique » qui prend pour devise : « Ars gallica » ; on y trouve réunis Fauré, Chausson, Duparc, aussi bien que Camille Saint-Saëns, Edouard Lalo, Jules Massenet, ou Georges Bizet. La
"réaction" de la musique française se poursuivra avec le très national Debussy, puis Maurice Ravel ou Eric Satie, puis encore Georges Auric, Francis Poulenc, le groupe des 6… Rien de plus national, je n’en démords pas, que la musique ; il faut que la France ait sa langue, il faut aussi qu’elle ait sa musique.

 

Par Quotidien de Babylone - Publié dans : Culture - Identité - Communauté : Le Club des Citoyens
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Vendredi 13 février 2009 5 13 /02 /2009 10:00

Bloc-notes de Paul-Marie Coûteaux

Lundi 19 janvier 2009 - Paris
. Conversation avec l'un de nos meilleurs analystes du monde contemporain qui est par ailleurs Professeur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales. Il a l'air d'avoir perdu tout espoir d'empêcher le déménagement de cette prestigieuse école, de très longue date installée boulevard Raspail et rue du Cherche Midi au cœur de la rive gauche pour Aubervilliers. Il s'inquiète de ce que ses enseignants qui fréquentent d'autres sites universitaires du centre de Paris se trouvent très excentrés à  Aubervilliers  et qu'on l'on dissolve ainsi un peu plus le bouillon culturel que fut  la capitale depuis des siècles. Je vois le même phénomène de dissolution de nos élites au sens classique de ce terme dans le déménagement il y a quelques années de l'ENA à Strasbourg ou celui prochain du Ministère des Affaires étrangères qui va quitter le Quai d'Orsay ; il est bien d'autres exemples, qui tendent à disloquer notre "système nerveux central".

On invoque généralement, pour justifier de telles aberrations la nécessité de la politique immobilière qui consiste bonnement à vendre les propriétés de l'Etat pour alléger tant soit peu le déficit budgétaire ; en soi cette justification est scandaleuse car ce sont les "bijoux de famille" que l'on dilapide, alors que si l'Etat avait un peu d'autorité il réaliserait de substantielles économies dans son fonctionnement même. Mais il y a plus grave à mes yeux : ce que l'on déménage ce sont les piliers des anciennes élites dont les oligarchies dominantes ne veulent plus ou qu'elles s'acharnent à supplanter dans la topographie même de Paris et de ses environs ; c'est la dilapidation de ce que furent longtemps les piliers de la France qu'on peut lire à l'œil nu.

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Vendredi 28 novembre 2008 5 28 /11 /2008 17:43

PRIX 2008 DE LA CARPETTE ANGLAISE

 

COMMUNIQUÉ DE l’ACADÉMIE DE LA CARPETTE ANGLAISE

 

L’académie de la Carpette anglaise(1) s’est réunie le 26 novembre. Le jury, présidé par Philippe de Saint Robert, était composé de représentants du monde associatif (2), syndical et littéraire.

Au premier tour de scrutin, par onze voix contre deux, le prix de la Carpette anglaise 2008 a été décerné, à Mme Valérie PECRESSE, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pour avoir déclaré que le français était une langue en déclin et qu’il fallait briser le tabou de l’anglais dans les institutions européennes, ainsi que dans les universités françaises, en rendant obligatoire l’enseignement intensif de cette langue au détriment de toutes les autres (ce qui est notamment contraire au traité de l’Élysée de 1963).

À titre étranger (3), la Carpette anglaise a été décernée au premier tour de scrutin, par douze voix contre une, à EUROSTAT, service des statistiques de la Commission européenne, qui diffuse depuis avril 2008 sa publication « Statistiques en bref » uniquement en anglais, renonçant aux langues allemande et française.

Hervé Bourges, Paul-Marie Coûteaux, Anne Cublier, Jean-Loup Cuisiniez (représentant du monde syndical), Yves Frémion et Dominique Noguez sont membres de cette académie, ainsi que les présidents des associations fondatrices.

 

 1) La Carpette anglaise, prix d’indignité civique, est attribué à un membre des « élites françaises » qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France au détriment de la langue française.

2) Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle des écrivains cheminots (CLEC), Défense de la langue française (DLF) et Le Droit de comprendre (DDC).

3)  Le prix spécial à titre étranger est attribué à un membre de la nomenklatura européenne ou internationale, pour sa contribution servile à la propagation de la langue anglaise.

 

Voici la liste des « candidats » à ce même prix. Ceux d’entre eux qui n’ont pu l’obtenir, malgré leurs efforts méritoires, peuvent faire l’objet de votre part, de toutes les consolations que votre imagination fertile saura trouver (A. Salon)… :

 

 Candidats à titre français :

 

 - Xavier DARCOS, ministre de l'Éducation nationale, pour la promotion continue d'une « France bilingue » qui est la traduction de l'anglophonisation à marche forcée de la France.

 

 - L'ÉCOLE NATIONALE DES PONTS ET CHAUSSÉES pour avoir mis en place, par le biais d'une « School of International Management », un programme dit Executive MBA enseigné entièrement en anglais.

 

 - Valérie PÉCRESSE , ministre de l'Enseignement supérieur, pour avoir déclaré , qu'elle voulait « briser le tabou de l'anglais » à l'université française en y développant des cours en anglais et en rendant obligatoire l'apprentissage intensif de cette langue et pour avoir annoncé qu'elle ne militait pas « pour imposer l'usage déclinant du français dans les institutions européennes » à l'occasion de la présidence française de l'Union » ! Elle s’efforce, malgré les recours intentés par les associations, d’introduire des enseignements et épreuves de concours en anglais  obligatoire aussi pour les étudiants français et francophones au sein de leurs curricula normaux, en infraction flagrante à l’article 1er de la loi dite « Toubon » du 4 août 1994.

 

 - FRANCE 3, chaîne publique du groupe France Télévisions, et sa directrice  des Jeux, pour avoir imposé une chanson en anglais pour représenter la France lors du grand prix 2008 de l'Eurovision à Belgrade ; pour un résultat espéré glorieux par cette personne, mais qui le fut fort peu : la France n’a été que 19ème sur 25 !....

 

 - CARREFOUR, premier groupe français de distribution, pour avoir débaptisé ses supermarchés « Champion » et les appeler désormais « Carrefour market »

 

 - Le groupe français Nelson qui chante en anglais, pour avoir déclaré, par la voix de son chanteur, " J. B. ", que " le débit du français nuisait à la musicalité " !

 

 - L'ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES EN SANTÉ PUBLIQUE, pour avoir ouvert à Paris en septembre 2008 un «  Master » interdisciplinaire en santé publique dispensé en langue anglaise.

 

 - Christophe BARBIER, directeur de rédaction de l'Express, pour avoir déclaré, le 13 juin 2008 : l'Europe a un « outil de communication commun, c'est l'anglais. On pourrait d'ailleurs l'utiliser pour faciliter tout ça en mettant dans sa poche, avec le mouchoir par dessus, une fierté un peu dépassée. »

 

 Candidats au Prix Spécial du Jury à titre étranger :

 

 - Margot WALLSTRÖM, vice-présidente de la Commission européenne, qui diffuse son bloc-notes informatique uniquement en anglais.

 

 - EUROSTAT, le service des statistiques de la Commission européenne, qui diffuse depuis avril 2008 sa publication  " Statistiques en bref " uniquement en anglais renonçant aux langues française et allemande.

  

 

Académie de la Carpette anglaise,

chez le Droit de Comprendre, 34 bis, rue de Picpus, adresse d’ « Avenir de la langue française » 75012 Paris.

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Vendredi 28 novembre 2008 5 28 /11 /2008 17:36

  Par Albert Salon, docteur d’Etat ès lettres, ancien Ambassadeur.

 

Il faut retrouver d’abord la cohérence de sa politique en matière de langue française et de Francophonie, car il s’agit de l’identité, du cœur de la Nation.

 

Or, l’urgence est aujourd’hui d’arrêter ce qui apparaît de plus en plus clairement comme une véritable offensive menée par des forces puissantes et convergentes, extérieures, certes, mais aussi et d’abord intérieures, venant de nos propres élites, qui semblent avoir décidé, en soutien aux forces extérieures qui veulent « punir la France » et la détruire, en haut par Bruxelles et la vassalisation à l’empire, en bas par les régionalismes et communautarismes de toutes sortes.

 

La nouveauté depuis peu de temps, tient au fait que des responsables publics eux-mêmes prennent part à l’offensive. Nous y bornerons notre propos d’aujourd’hui.

L’urgence apparaît, aveuglante, lorsqu’on compare les remarquables discours très « français » du Président de la République (9 mars 2007 et 20 mars 2008) et les actions concrètes menées par des ministres de son propre gouvernement :

- la ratification (encouragée, voire pressée par les ministres des Affaires étrangères et des Finances pour faire plaisir à la fois au MEDEF et à la chancelière allemande) du Protocole de Londres, des brevets européens ;

- la bilinguisation français-anglais (sans plus de mention d’autres langues) par M. Darcos de nos chères têtes blondes…et brunes ;

- les déclarations de M. Jouyet et de M. Kouchner (titre d’un chapitre de son livre : « L’anglais, avenir de la Francophonie » !) ;

- le choix des Affaires étrangères de laisser diminuer les moyens de notre politique culturelle extérieure et des réseaux encore superbes d’écoles, lycées, centres culturels, instituts de recherche, alliances françaises, que nous entretenons à l’étranger ;

- l’absence de réaction du Gouvernement, malgré nos indignations publiées, à la désignation en mai 2008 par France-Télvision, entérinée par la rue de Valois, d’une chanson en anglais de M. S. Tellier pour représenter la France au concours de l’Eurovision (avec ce beau résultat : France 19ème …sur 25 !) ;

- le refus gouvernemental de renvoyer systématiquement à Bruxelles les documents de travail UE qui sont envoyés en anglais seulement à nos administrations centrales, malgré toutes les démarches de nos associations depuis plus de cinq ans ;

- la carence du Gouvernement dans le soutien financier à l’OIF et à la Francophonie organisée ;

- l’abandon de fait de la solidarité privilégiée vitale avec le Québec lors du Sommet francophone d’octobre à Québec, au profit d’un alignement transparent sur les thèses fédéralistes d’Ottawa, qui étrangle, ouvertement, le fait français là-bas ;

- et l’acharnement de Mme Valérie Pécresse à imposer l’anglais, et l’enseignement partiellement en anglais, voire peut-être totalement à terme peu éloigné au-dessus du niveau de la licence, dans les grandes écoles et universités, et sa plainte osée dans une émission (LCP-Sénat !) du 12 octobre 2008, d’être gênée par ce qu’elle traite (étonnant de la part d’un ministre de la République !), de « lobby de la langue française  », comme si défendre ce qui fait le cœur de la Nation ne pouvait être que le fait d’un misérable « lobby ».

 

Oui ! Il faut retrouver la France que tant d’élites veulent réduire et soumettre à l’empire et au « marché » !

L’honneur d’une nation, comme d’un particulier, est d’être une personne bien identifiée (« quelqu’un ») et de s’y tenir. S’immerger dans un magma indistinct mène à l’oppression. Il faut s’ouvrir sans se diluer. Répondre à l’immensité du défi par l’envergure de la Résistance.

 

Par Quotidien de Babylone - Publié dans : Culture - Identité - Communauté : La communauté des Gaullistes .
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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /2008 08:30

Bloc-notes de Paul-Marie Coûteaux.

Jeudi 16 octobre, Bruxelles. 
Au journaliste qui lui demandait de commenter la prévision par le FMI d’un taux de croissance de 0,2%, Christine Lagarde répondit exactement ceci : « C’est… c’est… Excusez-moi, mais le mot ne me vient qu’en anglais » ; ce mot, elle ne le dit pas, et resta muette. Si l’on me demandait la cause de nos maux, je dirais qu’elle est justement dans nos mots ; elle est dans le fait que les mots ne disent plus la chose (il faudrait là de longs développements), et plus particulièrement que l’oligarchie mondialiste parle et donc pense en anglais –américain. Songeons par exemple que le mot Etat n’existe pas dans cette langue –qui utilise des expressions comme « local government », ou « leadership », ce qui n’est est tout différent : en fait, rien ne nous est plus étranger, au moins quand à la politique que le « logiciel » étatsunien ; et quand on est si loin de soi, si dépourvu d’Etre, on ne peut guère envisager de « faire », encore moins de pouvoir …

             (Je crois que j’ai écris « Etre et Parler français » en réponse, sans doute inconsciente, à leur « Parler et Etre américain ».)

Par Quotidien de Babylone - Publié dans : Culture - Identité - Communauté : La communauté des Gaullistes .
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Samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /2008 13:17

Qui s’en souvient encore ? Le 19 février 2005 était adopté par l’Assemblée un amendement signé Jérôme Rivière, député UMP des Alpes-Maritimes, ainsi libellé : « L’enseignement d’éducation civique comporte obligatoirement l’enseignement de l’hymne national dans les établissements du premier degré. » Faisant suite aux sifflets entendus durant la Marseillaise lors du match de football France-Algérie du 6 octobre 2001, le député, dénonçant « une atteinte à l’intégrité de la République » entendait ainsi promouvoir les « valeurs » de la République » et favoriser « l’intégration ». Compte tenu de l’ampleur du problème, l’apprentissage de la Marseillaise ne saurait, certes, y parvenir seul. Reste qu’il pouvait y contribuer. Problème : bien qu’adopté à l’unanimité des députés de droite, ce texte – inclus dans le cadre de la loi… Fillon, alors ministre de l’Education nationale - n’a jamais été appliqué ! Et ce sont des sifflets encore plus appuyés qui viennent de « saluer » la Marseillaise lors du dernier match France-Tunisie. Exclu de l’UMP pour avoir apporté son soutien à Philippe de Villiers de la présidentielle, et battu lors des législatives suivantes, Jérôme Rivière – qui sera candidat aux européennes - n’en démord pas. Auteur de « La droite la plus repentante du monde » (Le Rocher), il réclame, en plus de l’application de son texte, de « fortes amendes » contre les « siffleurs ».

source : Valeurs Actuelles

Lire la suite sur le blog de Jérome Rivière

Par Quotidien de Babylone - Publié dans : Culture - Identité - Communauté : Politique française
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Dimanche 21 septembre 2008 7 21 /09 /2008 23:58

Extrait du discours de Benoît XVI aux évêques de France

"Je suis convaincu, en effet, que les Nations ne doivent jamais accepter de voir disparaître ce qui fait leur identité propre. Dans une famille, les différents membres ont beau avoir le même père et la même mère, ils ne sont pas des individus indifférenciés, mais bien des personnes avec leur propre singularité. Il en va de même pour les pays, qui doivent veiller à préserver et développer leur culture propre, sans jamais la laisser absorber par d'autres ou se noyer dans une terne uniformité. « La Nation est en effet, pour reprendre les termes du Pape Jean-Paul II, la grande communauté des hommes qui sont unis par des liens divers, mais surtout, précisément, par la culture. La Nation existe "par" la culture et "pour" la culture, et elle est donc la grande éducatrice des hommes pour qu'ils puissent "être davantage" dans la communauté » (Discours à l'UNESCO, 2 juin 1980, n. 14). Dans cette perspective, la mise en évidence des racines chrétiennes de la France permettra à chacun des habitants de ce Pays de mieux comprendre d'où il vient et où il va. "
Par Bertrand de Beaumont - Publié dans : Culture - Identité
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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /2008 10:34

Le Figaro, le 24 juin 2008

Paul-Marie Coûteaux, député européen, voit dans le projet d'introduire les langues régionales dans la Constitution un danger de reconstruction de l'Europe sur des bases ethnolinguistiques et non plus nationales.

Rien n'est beau comme une tradition quand ses héritiers la font vivre avec amour et piété, et ce bonheur que tout être trouve dans le respect de son passé, la fidélité à ses pairs, une chaleureuse réconciliation avec soi. En vacances dans le Quercy, j'ai assisté un soir d'été à une représentation théâtrale jouée par une compagnie d'amateurs du canton entièrement en patois  un dépliant indiquait qu'il s'agissait d'un dialecte quercinois, une des variantes de l'occitan. La plupart des natifs riaient aux répliques mais beaucoup (les plus jeunes et les «étrangers») ne riaient que de les voir rire. C'était un beau spectacle financé par le conseil général, la langue faisait respirer alentour la terre, chanter les petits arbres tourmentés des causses.

L'aimable question des langues régionales révèle une vérité que la plupart de ses thuriféraires cachent avec soin : en vérité, elle en masque au moins deux autres : d'une part, celle de l'unité, d'autre part, celle de l'indépendance de la nation.

Unité parce que, la France n'étant pas une donnée de nature comme l'est une île, telle la Grande-Bretagne, où une race, par exemple le «Deutschtum», elle est tout entière culturelle et politique. Le partage d'une langue, la langue française, est le plus sûr, et d'ailleurs le plus noble, lien de solidarité entre les vivants, d'une part, entre eux et leur histoire, d'autre part ; elle est en somme le vrai socle de la nation. Elle est donc une affaire d'abord politique, et l'est d'autant plus à mesure qu'elle s'affirme comme un lien d'intégration mais aussi de socialisation et on pourrait dire de civilisation dans un monde qui menace tant l'une et l'autre.

De ce point de vue, le gouvernement français s'était certainement trompé en cherchant à inclure dans la Constitution la reconnaissance des langues régionales ; encore le faisait-il non pas en modifiant l'article linguistique qui fixe que «la langue de la République est le français», mais dans son article Ier, beaucoup plus politique en ce qu'il vise les cadres de notre République, le but de la reconnaissance des langues régionales étant de contribuer à l'établissement d'une république décentralisée : à chaque territoire une langue régionale ? C'est en somme le processus espagnol que l'on reprend ici sans voir à quoi il conduit (dans certaines universités catalanes, certaines disciplines ne sont pas assurées faute de trouver des enseignants qui sachent le catalan ; et nombre d'élèves sont victimes de discrimination selon que leur famille parle chez eux catalan, certains ne comprenant rien aux cours…).

À cela s'ajoute un autre problème : les minorités linguistiques sont si nombreuses en France, 73 selon le rapport de l'ancien délégué à la Langue française, M. Cerquiligni, que leur protection serait infinie et qu'il faudrait inclure aussi des langues comme le berbère, le wolof, et plusieurs dizaines d'autres. Il est envisagé pour elles, comme elle le fait à propos du tsigane, un «territoire mère» : c'est la communautarisation de la France que l'on organiserait ainsi. Et l'on s'étonne que le gouvernement ait songé à l'inclure dans le premier article de notre Constitution qui fixe les principes de la République. Il est vrai que c'est en son nom que le Conseil constitutionnel a refusé de valider la charte européenne des langues régionales signée par M. Jospin. Est-ce pour contourner son opposition que l'on a voulu inclure cette modification ? On comprendrait certes le juste courroux de M. Debré, et l'opposition de nos sénateurs, entraînés par un groupe UMP fort avisé.

C'est ici qu'apparaît le second enjeu : après l'unité, c'est l'indépendance nationale que beaucoup visent. La recomposition de notre continent sur une base ethnolinguistique est un moyen d'effacer lentement les États-nations, au bénéfice d'une grande Europe supranationale. La FUEV (Föderalistische Union Europäischer Volksgruppen, Union fédéraliste des communautés ethniques européennes), le 22 mai dernier, s'est félicitée du projet de réforme français. Je puis témoigner que cette association est fort active au Parlement européen, se trouvant à l'origine de nombreuses résolutions, lesquelles sont loin d'être marginales, l'une d'elles ayant été signée par M. Hans-Gert Pöttering, actuel président du Parlement. L'Europe organise ainsi lentement sa babélisation qui, pour nombre d'esprits bien intentionnés, n'a déjà plus qu'un remède : le recours général à l'anglais, ou plus justement à l'anglo-américain…

Le Sénat de la République a donc montré plus de sagesse que le gouvernement et l'Assemblée nationale réunis, en refusant à une large majorité (216 voix contre 103) la reconnaissance constitutionnelle des langues régionales et minoritaires. Comment pouvait-il suivre l'argument sur la protection de notre patrimoine culturel, puisqu'il eut fallu reconnaître alors chacune de ses composantes, comme la protection des cathédrales ou la vinification du sauternes ? L'intention était donc politique mais allait à contresens de ce qui est raisonnable et souhaitable : une protection de nos langues traditionnelles doit s'accompagner d'une politique hardie en faveur du français langue internationale, et d'une protection renforcée du français en France telle que la réclame à juste titre une Académie française qui s'affirme aujourd'hui, avec nos sénateurs, un des meilleurs boucliers de la République.

Par Bertrand de Beaumont - Publié dans : Culture - Identité
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Jeudi 12 juin 2008 4 12 /06 /2008 16:41

 Sortie le 11 juin 2008


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Par Bertrand de Beaumont - Publié dans : Culture - Identité
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