Texte Libre

Politique - Institutions

Jeudi 14 mai 2009

Jeudi 23 avril 2009 ; retour en train de Strasbourg. - Est-ce le soleil du soir ? C’est bien à tort que la campagne lorraine, et champenoise ont une réputation de grisaille : le paysage qui défile est plus doux et lumineux qu’en bien d'autres régions françaises. Bien que j’aie mille choses à faire, à écrire, à lire, et, surtout, des décisions à prendre relativement à ma prétendue « campagne », je laisse bercer mon regard sur ces contrées si parfaitement françaises, et si tranquilles, que l’on croirait, à les apercevoir au loin, que la France est à l’abri de tout.  Consolation éternelle, après les quatre jours que je viens de vivre, dans la plus affreuse politicaille ; à Paris, lundi, cette conférence de presse annonçant les listes des « Gaullistes en colère », reprise, en plus, par « le Figaro » et « le Monde », puis ce stupide dîner avec NDA, personnage de plus en plus accablant ; puis Strasbourg et ses habituels épisodes parlementaires insipides, ma rencontre fortuite hier au soir avec Philippe de Villiers, l’hypocrisie générale de tout et tous, etc, etc…. Je me demandais si cette sotte vie aurait jamais une fin et maintenant que je l’entrevois, elle me paraît en ces dernières semaines plus insupportable que jamais…


Par Quotidien de Babylone
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Jeudi 9 avril 2009

Bloc-notes de Paul-Marie Coûteaux.


Lundi 30 mars, Paris.
Tout à l’heure, coup de fil d’une aimable dame, assez haut perchée, me semble-t-il, dans l‘organigramme du CSA, qui me fait savoir « de la part du président Boyon » ( personnage sympathique que j’ai en effet rencontré récemment), que le Conseil Supérieur de l’audiovisuel surveillera l’égalité d’accès des « têtes de liste » aux grands médias, cela à partir du 27 avril…

 

Fort bien ; mais depuis des semaines, on voit tout le monde sauf nous. Madame de Sarnez, qui doit avoir un bon attaché de presse, ou peut-être même un « service de presse » (toutes choses dont je n’ai pas l’ombre) est fort présente. Elle a tout loisir de s’exprimer ici ou là ; de même MM. Besancenot, Désir, ou Cohn Bendit, sans rien dire de Michel Barnier, autres têtes de listes d’ores et déjà pré-selectionnées par son Excellence le Système. Je dis à mon interlocutrice que je suis particulièrement époustouflé par l’insolence de la rédaction de « FR3 Ile de France » qui ne m’a pas convié une seule fois en cinq ans de mandat, bien que je sois l’élu de cette région, et que les autres « têtes de liste » l’ont été, et pour certains plusieurs fois. Mon interlocutrice me répond que cela n’est en effet pas normal, et qu’elle va voir ce point - mais je crains bien que ce soit tout vu, ou tout pas vu…

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Mercredi 8 avril 2009

Bloc-notes de Paul-Marie Coûteaux.

Vendredi 28 mars 2009, Paris.
-  Le Figaro annonce l’éviction de Claude Durand, puissant directeur de Fayard et dernier ( ?) archonte indépendant de la rive gauche, qui a le grand tort de publier de temps en temps des ouvrages dissidents - cet hiver une biographie de Bernard Kouchner par le sagace Péan, ou il y a quelques années, un essai vitriolé du même Péan (avec Philippe Cohen) sur « La face cachée du Monde ». Trop libre celui-là pour que les magnats qui, désormais, tiennent à peu près tous les éditeurs de Paris, n’aient finalement sa peau. En février, c’était l’intrépide Chauprade que le ministre de la Défense évinçait de son cours à l’Ecole Militaire… Ça se corse, décidemment ; il est grand temps de quitter pareille scène…  

Par Quotidien de Babylone
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Mardi 7 avril 2009

Bloc-notes de Paul-Marie Coûteaux
 

Mardi 24 mars 2009 ; Strasbourg. – Dans l’actuelle confusion, quel moyen de faire campagne – tout simplement, de parler aux Français ? Les rares journalistes qui s’intéressent à nous ne le font qu’à l’occasion de nos divisions ; tentons-nous de parler d’autre chose, ils se détournent aussitôt. C’est au point que je me demande si, au cas ou nous serions unis, quiconque  connaitrait notre existence… Je n’ai pourtant qu’une seule idée à développer  et ne peux mieux la formuler que par ce raisonnement simple : la crise fera comprendre aux Français qu’il leur reste pour seul secours la France, que la France suppose une politique française, c’est-à-dire nationale, rationnelle, impartiale et protectrice, et que toute politique française suppose une souveraineté nationale.  

 

Par Quotidien de Babylone
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Mercredi 11 mars 2009

Bloc-notes de Paul-Marie Coûteaux.

Mercredi 25 février ; train Paris-Châtellerault.
- Retour à Mirebeau pour trois ou quatre jours de travail au calme ; grand hâte de retrouver le jardin et les signes du printemps que, regardant défiler la campagne sous un petit soleil rose et pâle, je sens pousser partout alentours.

 

Tout à l'heure, à Paris, excellente émission pré-enregistrée pour Courtoisie en partie consacrée à la situation en Guadeloupe. Deux de mes invités, ma collègue de la Réunion Margie Sudre et l'excellent Jean Roux, l'un des animateurs de la cellule économique du RIF, s'accordent sur l'essentiel à propos de l'Outre-mer : une fois de plus, la succession de gouvernements nuls que la France s'offre depuis trente ans s’est entendue sur une même politique, la financiarisation générale des activités humaines, qui eut pour l'Outre-mer les pires effets : furent peu à peu coupés les circuits économiques traditionnels au bénéfice de grands groupes,  inadaptés pour toutes sortes de raisons à nos îles. Margie Sudre admet même que l'Euro eut des effets pervers notamment commerciaux à quoi on peut ajouter la politique européenne qui a tendu à banaliser l'Outre-mer français, notamment en compliquant ses liens avec la métropole - cas notamment du marché de la banane, qu'il eut fallu protéger comme on l'a fait depuis des siècles. Mieux encore, elle pointe l'essentiel en observant qu'il ne s'est pas écoulé une année entre l'instauration du RMI Outre-mer et l'installation sur l'île de la Réunion de la première grande surface -un Carrefour je crois. L'une comme l'autre mesure ont détruit les réseaux traditionnels. Tant de maux ont finalement été palliés par d’innombrables secours financiers, primes, aides, revenus de substitution, etc.

 

La situation est caricaturale en Guadeloupe : avec près de 40% de fonctionnaires, un taux de RMIstes 4 fois plus important qu'en métropole, et près de 25% de chômeurs, la déresponsabilisation est telle que le phénomène partout observé (mais rarement dit) du ressentiment a atteint un degré terrifiant : un trait de l'esprit humain fait souvent que celui qui reçoit presque tout d'un tiers, en l'occurrence l'Etat, conçoit peu à peu une haine viscérale à l'encontre de celui qui donne : car celui-ci n'est plus perçu comme généreux mais comme un voleur de dignité. Plus on donne plus on est haï de celui à qui l'on donne, c'est ainsi et j'ai observé cet étrange mécanique humaine en mille circonstances, y compris dans ma vie privée. Pour être aimé et respecté il ne faut pas donner, il faut exiger - et n'aider qu'en fonction de l'effort consenti. En Guadeloupe, le ressentiment est vertigineux envers une Métropole dont pourtant dépend tout salut. Il faut rompre ce cycle en rompant avec l'assistance -en Guadeloupe, et partout ailleurs aussi.

 

Veine ! Jean Roux a publié dans le dernier numéro des Cahiers, que nous avons reçus fort en retard mais qui me paraissent constituer la meilleure livraison de notre jeune série (c'est le numéro 7) un long article sur les DOM-TOM proposant des voies de redressement possible. Là comme ailleurs, une bonne politique peut faire des miracles. Elle est d'autant plus nécessaire que la France ne pourra pas se passer de l'Outre-mer au XXIè siècle : non seulement il détient 80% du patrimoine national en matière de biodiversité mais aussi et surtout ce sont eux qui font de la France le deuxième territoire maritime du monde, ouvrant des perspectives infinies en matière de ressources alimentaires, notemment, halieutiques -outre leur atout stratégique... (C'est d’ailleurs un plaisir de feuilleter dans le train ce dernier numéro des Cahiers de l'Indépendance qui par la diversité de sujets traités et la qualité de leur plume, (dans ce numéro, nombre de grandes plumes), est le meilleur de tous nos numéros, et me remplit de fierté.

 

                                        

Par Quotidien de Babylone
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Dimanche 1 mars 2009

Bloc-notes de Paul-Marie Coûteaux

Mardi 17 février, Bruxelles. - Ce soir, eut lieu place St-Michel une manifestation contre l'Euro, organisée par l'ARN (Alliance pour la Résistance Nationale), vaillante avant-garde souverainiste. Alain Bournazel y lit un message que j'envoie de Bruxelles. L'ébullition, à la base du moins, ne retombe pas.

 

Quant aux états-majors, l'ébullition est plus secrète, et bien peu lisible. Philippe Carhon publie aujourd'hui sur le site Salon Beige cet intéressant commentaire d'un sondage IFOP relatif aux intentions de vote aux européennes de juin prochain, commentaire que je recopie ici : " Les listes Libertas de Philippe de Villiers (5%) et Debout la République (DLR) de Nicolas Dupont-Aignan (2%) gagnent un point. Le Front national de Jean-Marie Le Pen cède un point (6%) et les listes de Carl Lang et de Jean-Claude Martinez, dissidents du FN, représentent 0,5% des intentions de vote. Sachant qu'il va falloir entre 5 et 7% en fonction des circonscriptions pour obtenir un siège, l'éparpillement des listes de droite indépendantes et souverainistes pourraient frôler "l'exploit" de n'obtenir aucun député...pour un score cumulé d'environ 13,5% ! " Or, notre étiage est encore plus élevé que ce 13,5 % auquel arrive Philippe Carhon, si l'on n'oublie pas les Chasseurs (que d'autres sondages ont crédité de 2 à 3 % ces temps-ci) ce qui fait 16 % environ, et plus élevé encore si se détachait une liste suffisamment rassembleuse pour attirer les nombreux eurosceptiques actuellement comptés dans l'UMP. Ainsi, dans l'idéal, nous pourrions nous rapprocher des 25% du Non dit "de droite" obtenu lors du référendum du 29 mai 2005.

 

Je ne suis pas assez naïf pour penser que l'idéal fait partie de ce monde, encore moins du monde politique. Ce que je sais seulement, c'est qu'il serait stupéfiant que la propension aux petits jeux solitaires, et l'effroyable stratégie égocentrique des uns et des autres finissent par nous faire manquer l'occasion des Européennes, lesquelles se déroulent pourtant dans des circonstances pour nous favorables. Nous  éparpiller, et donc chuter, alors que tout concourt au succès nous rendrait ridicules.

 

L'actuelle déréliction Française a plusieurs origines : la trahison des élites ; l'oubli du Bien Commun et de l'esprit public chez la plupart des Français ;  mais aussi nos insuffisances. Tout cela me trouble au plus profond. Pour ma part, je suis décidé à n'être jamais le candidat d'un clan contre un autre - ou je préfère m'enfermer chez moi.


Par Quotidien de Babylone
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Samedi 21 février 2009

Mercredi 11 février. -  Dans le train pour Paris, où je dois arriver à temps pour le « journal de la nuit » du mercredi soir sur « Courtoisie », lecture en vrac des journaux. On semble ne pas s'y lasser de rendre hommage à l’activisme de M. Sarkozy. Certes, on ne peut nier la nécessité des réformes ; mais M. de Villepin a raison de dire qu'il faut accorder leur tempo à celui de l'Etat, lequel ne doit pas agir dans la précipitation - risquant alors de devoir rapporter des réformes ou de les réduire à rien, ce qui s'est beaucoup vu depuis un an, et nuit dangereusement à son prestige et à son autorité. Mais ce que ne dit pas M. de Villepin, et qui est beaucoup plus grave, c'est que cet activisme ne fait que masquer ( et on pourrait même dire qu'il n'est fait que pour masquer) l'impuissance générale de la prétendue "puissance publique". La réforme des hôpitaux entre dans la mission des différents ministres de la santé qui se sont succédé depuis des années mais se heurte à des féodalités médicales des pontes aux « personnels soignants », tous inconsidérément méfiants, et d'élus locaux irresponsables - par exemple sur la question des maternités dans les petites villes. Idem pour l'instruction qui n'est qu'un tout petit aspect de l'actuel naufrage de l'institution judicaire, laquelle est en rébellion permanente.

 

Sur ces sujets, comme à peu près tous les autres, tout est paralysé par le défaut de légitimité de l'Etat : les annonces en cascade ont, en face de cette question cruciale, quelque chose de dérisoire. Il est vrai que la perte d'autorité est pour ainsi dire inscrite dans la décadence des valeurs collectives et la dilution corrélative du pouvoir public national : et c'est bien par là qu'il faudrait commencer. Nul ne doute cependant que cette tâche soit très au-dessus du sémillant personnage...

Par Quotidien de Babylone
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Samedi 14 février 2009

Dimanche 8 février - Paris. Voici un an était lancé en grande pompe le plan dit "Fadéla Amarra", du nom d'une ministre qui se propose pour la millième fois de réaliser enfin l'insertion professionnelle des jeunes dits "de banlieue" : le fameux plan se proposait de signer en trois ans quarante cinq mille contrats d'insertion - chiffre assez modeste en regard du nombre des nécessiteux, eu égard du moins à ce qui se donne de toute part à penser.

Or, un an plus tard moins de trois milles contrats de ce genre ont été signés, si bien qu'à moins que le rythme ne s'accélère, on n'aboutira pas même au quart de l'objectif annoncé. Trois mille contrats d'insertion, c'est à la vérité une goutte d'eau. Encore apprend-on que les heureux bénéficiaires se plaignent qu'il ne consiste au bout du compte qu'à apprendre à rédiger un CV et à l'envoyer à des employeurs potentiels ; ils se plaignent aussi de ne voir "le coach" (c'est la dénomination officielle) que deux ou trois fois par mois pour s'entendre dire qu'il est normal que les employeurs ne répondent pas. En réalité, aucun de ces plans expérimentés à grands frais depuis vingt ans ne marche mais on les répète à l'infini comme si la politique ne consistait plus qu'à labourer la mer en épatant la galerie avec l'écume,  comme on collerait un sparadrap sur une plaie cancéreuse. Madame Amarra a touché du doigt les limites de l'action politique - elle n'en garde pas moins son portefeuille, comme les fameux "coachs" gardent de leur côté leur petit "job". Que toute action dite d'insertion suppose une suffisante santé, une suffisante fierté, une suffisante cohérence de la nation, que le postulat de la politique est que les destins individuels  ne font que résulter du destin politique, cela apparemment ne vient plus à l'esprit de personne.

 

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Mercredi 11 février 2009

Bloc-notes de Paul-Marie Coûteaux

Lundi 12 janvier - Strasbourg.
Charmant déjeuner tout à l'heure, avant de prendre le train pour Strasbourg,  avec un parlementaire UMP. De notre conversation, il ressort que sur l'essentiel du moins, à savoir la question européenne, plus largement l'indépendance nationale, l'autorité de l'Etat et l'unité de la nation, nous sommes à peu près d'accord - et, mieux, les critiques nous les multiplions sur la façon dont vont les choses depuis trente ou quarante ans, nous les formulons exactement dans les mêmes termes. Il y a simplement que mon commensal d'aujourd'hui comme d'autres parlementaires de ma connaissance (on pourrait le dire sans aucun doute d'un très grand nombre d'autres) vivent dans une sorte de schizophrénie permanente, blessant continuellement par leurs votes, par leurs écrits ou par leur parole publique  ce qui est dans l'indiscutable évidence d'une conversation privée, leurs plus intimes convictions. On voit ici à la fois la force de l'opinion dominante, l'affreux travers de la logique des partis, l'absence de véritable gouvernement de la France, mais aussi, à échéance plus ou moins longue on voit bien sur quels hommes le redressement de la France pourrait un jour s'appuyer.

 

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Vendredi 16 janvier 2009
Indispensable département

Alors que la commission Balladur planche sur la réforme.


par Philippe de Villiers, président du Conseil général de la Vendée.


Lors de son discours de Toulon sur la crise mondiale, le 25 septembre 2008, Nicolas Sar­kozy a fustigé la “mondialisation heureuse”, rompant ainsi avec beaucoup de ses amis qui en ont été les zélateurs et les théoriciens, tels Alain Minc ou Jacques Attali. Lorsque, à la fin de son propos, il en est venu à proposer des solutions et des réponses à ce séisme financier, il a fait applaudir une seule idée concrète : « la suppression d’un échelon territorial». Il s’agirait, si l’on a bien saisi, pour répondre à la dissociation mortelle de l’économie réelle et de l’économie spéculative, de simplifier le contour même de nos collectivités territoriales. 

Chacun aura bien compris que cette entreprise de simplification passe, dans l’esprit du président de la République et de son premier ministre, François Fillon, par la suppression des départements.

Or, ce serait là une grave erreur. Les départements ont une forte identité, alors que la plupart des régions n’en ont pas. Les départements font faire des économies aux contribuables parce qu’ils sont établis sur le circuit court de la décision et donc du moindre coût. Les régions, quant à elles, sont beaucoup plus lointaines. Elles multiplient les schémas et les impôts. Elles éloignent le pouvoir et la responsabilité.

Le grand malaise de la France d’aujourd’hui vient précisément de l’éloignement du pouvoir et de sa dilution à partir d’une dérive vers la concentration, la suppression des échelons de proximité (petits hôpitaux, etc.), bref vers l’urbanisation et l’agglomération systématiques. On vient de voir, dans le domaine financier, à quoi conduit cette idéologie du mastodonte. Ce que réclament les Français aujourd’hui, c’est plus de proximité pour plus d’attention. Je mesure chaque jour, à partir des succès économiques de mon département de Vendée, que nous avons forgés depuis vingt ans, à quoi correspond ce propos tiré de l’expérience quotidienne.

La proximité est la clé de tous les succès. Elle n’est pas au goût du jour. Ce qui est au goût du jour, c’est le mondialisme. L’homme qui est derrière la suppression des départements n’est autre que Jacques Attali, qui propose pour demain, dans chacun de ses livres, un monde unifié d’individus atomisés et nomades.

La vraie réforme territoriale devrait au contraire reposer sur les principes suivants :

– Le premier, le principe de la proximité, passe par la revalorisation des communes, des départements et de l’État, c’est-à-dire des trois échelons qui garantissent la protection de la France moderne.
– Le deuxième principe est celui de la responsabilité, qui permettra de faire beaucoup d’économies en supprimant le pullulement des structures inutiles de “démocratie participative” comme les pays et en contenant l’intercommunalité galopante. Il faut revenir à une intercommunalité de projets et non plus de gestion.
– Enfin, le troisième principe est celui de la masse cri­tique, qui implique une nouvelle taille et une nouvelle mission pour les régions. Il faut passer de vingt-deux régions métropolitaines à onze pour qu’elles soient à la bonne échelle européenne et que leur seule préoccupation soit la prospective et les grandes infrastructures plutôt que cette gestion socialiste au jour le jour qui ne vise qu’à doublonner l’État et à démarquer les départements.
Le pouvoir en place a perdu successivement les municipales, les cantonales et les sénatoriales. Peut-être veut-il finir le travail en donnant le pouvoir aujourd’hui aux régions, qui sont à gauche, et, ce faisant, leur abandonner le terrain définitivement ?

Ce serait la fin de la France rurale, la France des territoires et des terroirs, la France de la province et du jugement autonome. Bref, un obstacle en moins – peut-être le dernier – sur le chemin de la “mondialisation heu­reuse”. CQFD.


Paru dans Valeurs Actuelles, le 15 janvier 2009.

Par Quotidien de Babylone
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