Le Président Klaus bouscule le dogme européiste devant un Parlement européen
hostile.
C'est un hémicycle majoritairement hostile qui attendait à Bruxelles, le 19 février, le Président de la République tchèque, pays qui préside actuellement le Conseil européen de
l'U.E. Vaclav Klaus refuse la nouvelle étape supranationale que ferait franchir le traité "anti-démocratique" de Lisbonne. Autant dire que, pour la majorité des députés au Parlement européen, il
n'était pas le bienvenu. Supportant mal la contradiction, ce qui est un comble dans une assemblée qui se prétend démocratique, beaucoup ont quitté l'hémicycle au moment où le Président Klaus
estima qu' "en l'absence de demos, de peuple européen, la solution au déficit démocratique ne passe pas par un renforcement du rôle du Parlement européen" et qu' "il est faux de considérer l'état
actuel de l'organisation institutionnelle de l'U.E. comme un dogme non critiquable à jamais". Paul-Marie Coûteaux et les autres députés souverainistes buvaient du petit lait. Alors que les
prochaines élections européennes seront l'occasion de dire ou de redire Non à la Constitution Giscard devenue traité de Lisbonne, ils pensent, comme le président tchèque, qu' "il est faux
de supposer que le seul avenir possible de l'intégration européenne, postulé a priori et donc incritiquable, devrait être l'Union sans cesse plus étroite affichée au fronton des traités actuels",
c'est-à-dire la fusion des nations dans ce que le général de Gaulle appelait une purée de marrons.