Texte Libre

Réflexions

Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /Mai /2010 15:25

LE RESEAU LIBERTE


L’affaire Zemmour n’est pas terminée. Selon les informations en notre possession, un certain nombre d’associations n’ont pas renoncé à attaquer Eric Zemmour. Mais au-delà de l’écrivain- journaliste, c’est l’ensemble de la liberté d’expression qui est menacé.

Des dispositions législatives dont la finalité est sans doute de détruire la France interdisent,  aujourd’hui, de parler librement, simplement. Quiconque s’écarte des vérités officielles peut se voir traîner devant les tribunaux par des organismes souvent financés par des fonds public, mais acharnés à faire éclater l’unité nationale à travers la montée en puissance de multiples communautarismes.

Nous sommes fatigués des lois de repentance, nous sommes fatigués des perpétuelles leçons de morale alors que restent souvent impunis les incendies de voitures, les caillassages d’autobus, les agressions physiques de personnes et autres actes de barbarie. L’ordre public passe aujourd’hui par le retour à une plus grande liberté de pensée et de parole.

Le réseau liberté, créé pour soutenir Eric Zemmour, entend donc poursuivre son action pour rendre, aux Françaises et aux Français, une parole libre. Nous vous tiendrons régulièrement informés de nos actions.

 

 

soutenirzemmour@gmail.com

 

http://ceuxquisoutiennentericzemmour.over-blog.fr/

 

REJOIGNEZ NOUS : FAITES CONNAÎTRE LE RESEAU LIBERTE


Alain Bournazel

Par Quotidien de Babylone - Publié dans : Réflexions - Communauté : Politique française
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Lundi 15 juin 2009 1 15 /06 /Juin /2009 15:25

Dimanche 31 mai 2009 ; Mirebeau. Pentecôte, célébration de l’Esprit Saint, autre fameux symbole; car c’est bien le Saint Esprit qui éclaire le Fils, et surtout le Père, et nous permet, sinon de les connaître, du moins de les com-prendre…

 

Temps radieux; fleurs de tous les côtés; dans la maison des roses dans de petits vases, d’autres et dans de plus hauts… J’ai pris aujourd’hui quelques photographies, comme pour mieux voir les beaux jours, et peut-être les retenir. Les tombées de nuit sont comme à leur habitude, profuses en douceurs qu’il est bien impossible, elles, de capter; dans les dernières lueurs du jour, il plane sur le jardin une atmosphère indéfinissable, imprenable par quiconque, et de quelque façon que ce soit. Arriverais-je à saisir les couleurs, à décrire les derniers chants d’oiseaux et la douceur du vol presqu’invisible des chauve souris, arriverais-je à dire cette douceur infinie, je ne dirais encore presque rien.

 

Mardi 2 juin  2009 ; Paris.  Un militant du RIF a relevé cette phrase sur France Culture dans la bouche de Jean-Claude Casanova dissertant sur les progrès  que l'Europe accomplira par le traité de Lisbonne en ajoutant : "Sans oublier que les Irlandais ne se sont pas encore exprimés". Pas un des participants au débat, si débat il y a sur France Culture, n'a relevé que les Irlandais  s'étaient déjà bel et bien exprimés. Quand tout, partout, atteint ce niveau d'imposture, autant tirer son rideau.

 

           

Par Quotidien de Babylone - Publié dans : Réflexions - Communauté : Le Club des Citoyens
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Lundi 15 juin 2009 1 15 /06 /Juin /2009 00:00

Dimanche 24 mai 2009 ; Mirebeau. Lectures en désordre, prises, laissées, reprises un autre moment, à la paresseuse : Saint-Robert (“Ecrire n’est pas jouer”, magnifique préface, sur laquelle il faudra revenir); Camus, Mauriac, Nouzille sur la CIA que j’achève aujourd’hui… De Renaud Camus : “Aujourd’hui, les riches ne sont plus que des pauvres qui ont de l’argent” .

 

 

                                                  *

 

Lundi 25 mai 2009 ; Mirebeau. Me fais peu à peu à l’idée de ne plus vivre qu’ici, et cette idée m’apparaît de plus en plus excitante. Lire, écrire, lire de nouveau et écrire encore. Se passer des trains, des réunions, des téléphones, de cet immense temps perdu – oui, mais comment me passerais-je de ma secrétaire, et de P.P., mon indispensable plénipotentiaire ? Pourtant, Chateaubriand : “Quand on voit les illusions dont la Providence environne le pouvoir, on est consolé par sa courte durée”. Certes ! Certes ! Et encore ceci, sur le même sujet : “La France aurait pu gagner à ma réunion avec l’Empereur; moi, j’y aurais perdu. Peut-être serais-je parvenu à maintenir quelques idées de liberté et de modération dans la tête du grand homme; mais ma vie, rangée parmi celles qu’on appelle heureuses, eût été privée de ce qui en fait le caractère et l’honneur : la pauvreté, le combat, et l’indépendance”.

  

                                                  *

 

Samedi 30 mai 2009 ; Mirebeau.  Grand beau temps. P.L. m’a dit tout à l’heure, tandis que je lui faisais l’habituelle visite du soir, dans son jardin, que je suis en train de retrouver “l’heure de Poué”. C’est que, quand elle s’étonne que nous dînions si tard, “à des neuf heures du soir”, et que je lui fais remarquer qu’il n’est, au soleil, que sept heures et qu’elle a bien tort de se régler sur l’heure de la Commission européenne, elle me dit, comme elle l’a fait déjà deux ou trois fois, que je lui fais penser à ceux qui, pendant la guerre, refusaient de se régler sur l’heure allemande. Elle a un peu développé tout à l’heure, me racontant l’histoire d’un village poitevin, le village de Poué dont les habitants avaient refusé tout compromis, y compris sur les horloges de la mairie et de l’église, ne voulant entendre parler que de l’heure française; suis rentré en savourant cette histoire, et me disant que l’heure française sera toujours celle du soleil…

 

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Dimanche 14 juin 2009 7 14 /06 /Juin /2009 12:14


Bloc-notes de Paul-Marie Coûteaux

Dimanche 17 mai 2009 ; Mirebeau
. Hier, comité directeur du RIF. Nous avons lancé des pistes de tous côtés; c’était brouillon, décousu, et prometteur.

 

Dans quel sens aller ? Livres promis, notes à reprendre, rangements trop différés, articles à faire, lectures remises, courriers en retard, lettres indispensables, mille autres choses encore…, je ne sais où donner de la tête. Par où commencer, et sur quelle ligne durable inscrire le temps qu’il m’est ainsi donné. Pour l’heure, je ne fais presque rien : téléphones, hélas; lectures de Renaud Camus, et de l’époustouflante étude de Vincent Nouzille sur le rôle de la CIA dans la politique française (“Des Secrets bien gardés”), époustouflante par ce qu’elle révèle et par la précision de sa documentation; lecture aussi du dernier Saint Robert, “Ecrire n’est pas joué”, “essai littéraire” qui m’impressionne et que je lis goutte à goutte – il y a si longtemps que n’était point arrivé semblable événement : la publication d’un livre de saint Robert !

 

 

                                           *



Mardi 19 mai 2009 ; Mirebeau.
Seul, pleinement seul au prieuré pour plusieurs jours. Il me semble que les chats  sont heureux de ce calme, et de notre solitude. Tout à l’heure, Thèmis venant et revenant se faire caresser, sans doute pour détourner mon attention du livre dont elle paraît tant jalouse, s’est mise à jouer avec le petit tapis rouge de la bibliothèque, le retournant en tous sens, se glissant sous ses plis, et me regardant à intervalles réguliers pour s’assurer que je suivais son spectacle.

 

 

                                                *

 

 

Mercredi 20 mai 2009 ; Mirebeau. Les belles fenêtres ont une magie, plus forte me semble-t-il que tous les cadres. Celle qui, dans ma chambre, du côté de mon lit, donne sur la cour, et qui est faite de grands carreaux, découpe la rocaille qui s’étage du grand mur jusqu’à la margelle de l’allée,  et qui est en ce moment, au soleil, d’une profusion magnifique : ce sont, devant moi, autant de bouquets changeants, indescriptibles, mais incroyablement lumineux, vers lesquels mon regard, du bureau, revient sans cesse ces jours-ci…. Si le temps est chaud, et que j’ouvre la porte fenêtre, le massif m’arrive d’un coup, sa profusion est trop abondante pour que je l’embrasse d’un seul regard, et je n’ai plus qu’un éclat de couleurs et de lumière, cascade de petites pensées de toutes teintes, de roses rouges et d’autres jaunes et de buissons de tous els verts, que survolent les filets fragiles du “désespoir du peintre” et les longs iris. Est-ce trop, pour un seul regard ? Pour bien voir, rien ne vaut les petits tableaux que les carreaux de la fenêtre découpent et juxtaposent, bouquets d’un plus vaste bouquet, qui paraît ne pas finir…

 

           

                                                *

 

 

Jeudi 21 mai 2009 ; Mirebeau. Petit déjeuner sur la terrasse ; dans le jardin, les chats dansent : de toutes parts, le beau temps fait surgir des papillons vers lesquels ils s’élancent et manquent toujours; mais ils s’exaltent, sautent de plus belle, et les papillons volettent de-ci, delà sans paraître s’en soucier, à moins qu’ils ne jouent. De temps en temps, le petit souffle du matin agite le bout des branches, qui paraissent applaudir. On ne connait pas spectacle plus joyeux. 

 

          Pourquoi me perdre dans la vie de ce petit monde, la maison, les jardins, les chats, et pourquoi les décrire ici en incipits réguliers, avant d’attaquer de plus austères sujets ? A l’agrément, et ce désir de nommer les choses pour qu’elles existent pleinement, j’ajoutais, in petto, la petite théorie entêtée qui voudrait que nulle politique ne soit claire ni forte ni juste si, à intervalles réguliers, elle ne sait partir de la vie simple et brute du monde, pour mieux dire “la nature” : elle est le “la” que se donnent les musiciens; soit; je n’en démords pas. Mais je découvre à présent que la règle des incipits bucoliques n’est pas seulement bienfaisante pour la politique, mais aussi pour toute écriture, en somme tout travail de culture. Nous revoilà sur le bon vieux couple nature/culture qui s’éclaire d’un jour tout neuf, et magnifique. Et si la culture s’étiole tat aujourd’hui, c’est qu’il lui manque sa nourricière nature (cf « art moderne »).

 

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Dimanche 14 juin 2009 7 14 /06 /Juin /2009 00:00

Lundi 11 mai 2009 ; Mirebeau. Minuit et quart. Retour de la gare, où j’ai raccompagné E. Pluie fine et fraîche ; la maison est extraordinairement calme ; les chats, la musique, les livres, solitude, et silence. Vita Nova.

 

                                                          *

  

Mardi 12 mai 2009 ; Mirebeau. Beaucoup de courrier, ici et ailleurs, qui s’entasse… Mon courage épistolier, est plus faible que jamais – il n’est jamais très haut, il faut dire, de sorte que, à ma hantise du téléphone, j’ajouterais volontiers celle de la correspondance. Du moins reçois-je ces jours-ci, je veux dire depuis mon retrait, de nombreuses lettres amicales et chaleureuses. Une dame qui est membre du comité directeur du RIF, m’envoie ces vers de Péguy, que j’entreprends d’apprendre par coeur, et, pour plus de sûreté, de noter ici :

 


“Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre

Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux,

Mais c’est toujours la France, ou petite ou plus grande”.

 

Ce “ou petite ou plus grande” est admirable : qu’importe, en effet…

 

 

                                                         

 

 

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Samedi 13 juin 2009 6 13 /06 /Juin /2009 12:58

Jeudi 8 mai 2009 ; Paris. Remous politiciens, ils n’en finissent plus; l’intensité téléphonatique se fait de plus en plus étouffante, notamment; et me voila dans internet : messages, réponses et re-messages, à quoi s‘ajoutent ces clips vidéos que réussit à me faire faire l’inépuisable J. Robin. Tout cela, est-ce bien l’essentiel ?

 

L’essentiel : j’en veux beaucoup à Philippe de Villiers d’avoir accumulé en quelques années tant d‘erreurs : Libertas, la dernière, est la majeure; mais cette erreur est la conséquence des erreurs précédentes, qu’elle avait pour but de corriger; en somme, elle ne fait qu’en cacher d’autres : avoir brutalement changé de stratégie, pour “rattraper son électorat parti chez Sarkozy”, comme il me l’a dit maintes fois ces derniers mois, en apparaissant sous les traits les plus modérés ne fait que corriger l’excès inverse quand, lors de la précédente élection (la présidentielle de 2007), une stratégie radicale, à base d’islamisation de la France, avait eu pour but de rafler l’électorat d’un le Pen imaginé à bout de course. Quand on pense que cette stratégie-là, que M. de Villiers arrêta seul dans l’été 2005, était elle-même l’exact inverse de celle qui, peu auparavant, lors du référendum de mai, avait fait de lui le porte-parole incontesté des Non, du moins des “non de droite”, et qu’il aurait suffi de garder cette stratégie “noniste” pour s’assurer un rôle majeur à la fois lors de la présidentielle de 2007, et lors des européennes prochaines... Quand on songe qu’il suffisait de convertir le succès de 2005 en courant politique, et que cette stratégie était évidente, on ne peut pas ne pas s’interroger : pourquoi tant d’à-coups ? Ne croit-il pas à la souveraineté, et qu’elle commande tout ? N’a--il nulle adresse, ou nulle constance, ou nulle foi ?

 

Dimanche 10 mai 2009 ; Mirebeau. Temps mitigé, maison calme, tout s’apaise, les rythmes changent, je prends le temps de regarder ce soir le journal télévisé de France2. M’en dissuade aussitôt le défilé des « grand titres » : 1 : Victoire de l’équipe de foutebole de Guingamp, dits « les petits poucets », sur l’équipe de Rennes. 2. Incident au Futuroscope de Poitiers, 50 personnes retenues sur une passerelle ont été secourues par les pompiers. 3. Un certain Gasquet, joueur de tennis, est « contrôlé positif à la cocaïne », comme on dit, paraît-il. 4. Aux Etats-Unis, un troisième mort de la grippe (« porcine ») ; 5. Accalmie des incendies de Californie : « Santa Barbara est sauvée ». 6. Une découverte dans l’espace, dont l’annonce fut trop rapide pour que j’en saisisse la teneur. 7. Grande soirée à Moscou, où se produit la chanteuse Patricia Kass. Je coupe aussitôt, aucun de ces titres n’ayant le moindre attrait. Nous avons toujours dit que la dissolution de la souveraineté entrainerait un immense reflux de la politique. Le prétendu « journal » télévisé le mesure, jusqu’à la caricature. Je parierai que, dans ces titres se sont glissées quelques séquences plus politiques, notamment une mention des prochaines élections européennes, aux fins de préciser qu’elles n’intéressent personne.  Le formatage de l’opinion n’a plus aucune limite.

 

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Samedi 13 juin 2009 6 13 /06 /Juin /2009 00:00

Vendredi 30 avril 2009 ; Paris-Chatellerault

.  Le premier fait majeur de la mondialisation, la marque la plus nette du phénomène mondialiste et mondialisateur qui aura dominé le XXème siècle, son emblème et son levain le plus incontestable, ce fut la guerre mondiale – celle qui commença en 1914, mais aussi celle qui commença en 1938, ou cette grande guerre de 30 ans qui va de 1914 à 1945 ; depuis 1945, tout est mondial. On l’accepte, ou bien on lutte là-contre, ne serait-ce que pour donner à ce déchaînement  des limites, en lui opposant l’élément qui pourrait le contenir, le droit des nations –en attendant des jours meilleurs…

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Vendredi 12 juin 2009 5 12 /06 /Juin /2009 14:36

Bloc-notes-de Paul-Marie Coûteaux

Vendredi 24 avril 2009 ; Paris
. Déjeuner avec AF, très aimable journaliste. Quand, au fil de la conversation, on en vient aux questions politiques un peu sérieuses, et que je tente d’expliquer ce que peut représenter la souveraineté, il est manifeste que l’attention se relâche : je lui fait observer que la question n’est pas mince, il finit par me couper : “On connait votre ritournelle”; fort bien. Je lui demande alors, avec sans doute un peu d’impudence ce que le mot peut représenter pour lui, il élude d’une phrase devenue quasi-rituelle : “Vous savez bien que tout cela est dépassé”. Je “sais bien”, donc…Ce sont ces gens qui, non seulement me disent ce qu’il faut penser, s’il s’agit de pensée, mais m’apprennent aussi ce que je sais, ce que, même, “je sais bien”. Fin de déjeuner charmante : car, avec des journalistes, il est encore possible de parler sérieusement de politique…

 

Arrive le moment où chaque question politique, chaque événement (encore, l’autre jour, l’incroyable sortie de Mme Rachida Dati pouffant de rire parce qu’elle récitait de travers les fiches qu’on lui avait préparées) n’est plus, dans le tumulte actuel, qu’un accablement supplémentaire. C’est au point que l’idée me taraude de lever définitivement ma plume sur tous ces sujets, et de ne plus écrire que des choses insignifiantes – je crois envers et contre tout qu’il n’est pas jusqu’au plaisir d’écrire des choses insignifiantes qui ne suppose une civilisation. J’aperçois bel et bien le jour où je laisserai tomber le pesant souci politique, et n’aurai plus de consolation universelle que de contempler à l’infini le jardin bien taillé ; le calme d’un jardin en ordre, c’est aussi celui de l’esprit –ce qui vérifie l’axiome selon lequel il suffit qu’une part du monde se mette en ordre, pour que tout s’ordonne autour d’elle.

 

Samedi 25 avril 2009 ; Mirebeau. On y voit finalement très clair un peu partout : par exemple, on finit par comprendre très précisément ce que signifie l’expression « jardin secret » : avoir un jardin est une des voies parfaites de l’en-soi ; mieux qu’un refuge, un signe inexpugnable de notre passage sur la terre. 

                  

 Dimanche 26 avril 2009 ; Mirebeau. Distraitement, deux ou trois soirs d’affilée, à l’heure de me coucher, je me suis mis à brosser les chats. A peine l’exercice est-il commencé, ils ronronnent bruyamment, si contents de la caresse qu’ils relancent ma main aussitôt la brosse posée. Et voilà que, hier au soir, tandis que, fatigué, je me couchais en oubliant le rite, je les vois protester en tournant autour de moi, passant l’un après l’autre sous ma main avec l’intention manifeste de la rappeler à son devoir. Thèmis, furieuse, en a même fait tomber la brosse posée sur ma table de chevet… je m’exécute de bonne grâce ; puis, ma besogne faite, ils m’abandonnent, et, ravis sans doute de se sentir si bien peignés, se jettent l’un sur l’autre, s’entrelacent, et jouent sans fin sur le tapis rouge.

 

          Chats ; rousseur de Pélléas, de plus en plus éclatante; je le regarde, courant sur la pelouse fraîchement tondue, faisant rayonner ses poils au vent comme un roi de la jungle.

 

 

Lundi 27 avril 2009 ; Paris. « Mauriac intime », de Jean-Luc Barré : du culte aux Lettres suprêmes.

 

 

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Jeudi 14 mai 2009 4 14 /05 /Mai /2009 12:50

Dimanche 19 avril 2009 ; Mirebeau. - La soirée pourrait être douce, à lire sur la terrasse devant le jardin bien tondu; mais ce soir il faut encore prendre le train pour Paris, et demain pour Bruxelles. De train, bientôt, plus jamais. Ni de bureau, d’émissions de radio à expédier quasi sans préparation, d’Indépendance à boucler d’urgence – les Cahiers, peut-être… Bientôt, enfin, l’indépendance absolue.

 

 Par dessus-tout, plus de reproches ; car s’il y eut une constance dans les dix années que je viens de passer, de loin les plus tourmentées de ma vie, c’est bien que chaque jour fut émaillé de mille reproches : il se trouvait chaque jour, plusieurs fois par jour un lecteur, un électeur, un ami ou un adversaire pour glisser son reproche mes articles étaient mal fichus, mes livres mal relus (d’ailleurs, je manque tellement, pour eux, de force, que n’en publie presque plus), mes publications  prétendument mensuelles ou trimestrielles irrégulières et pleines de fautes « vraiment, mon cher ami, la finition de tes canards, m’a mille fois répété un ancien journaliste, cela laisse beaucoup trop à désirer ; au reste mon travail parlementaire était bien mince (« vous n’avez rien compris au dossier pourtant très complet que je vous ai adressé la semaine dernière »), les interventions n’aboutissaient pas, (« alors que je vous ai envoyé toutes les pièces nécessaires pour que vous puissiez débrouiller ma petite affaire »), l’Europe allait tout de travers (« Comment pouvez-vous, M. le député, laisser Bruxelles faire tant de choses inadmissibles ? Vous ne faites pas votre métier, on ne vous a pas élu pour que vous regardiez passer les balles, etc, etc…. »). J’étais méprisant quand je répondais de façon trop vague, long et confus quand je m'efforçais d’être complet, absurde quand je refusais telle ou telle alliance, criminel quand je l’acceptais, inconstant pour les uns, obstiné pour les autres, grossier quand je ne répondais pas aux lettres, évasif ou formel quand j’y répondais « pour qui vous prenez vous ? ». Ah, l’enfer de ces années ! Un conseil à tous les politiciens en herbe : souriez, soyez d’accord avec tous, et surtout votre parti ; ne faites rien, pas de revue, pas de journal, pas de manifestation de rue, des interventions rares – à condition qu’elles soient modérées, etc… En un mot, restez caché. C’est d'ailleurs ce que je vais faire.

 

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Jeudi 14 mai 2009 4 14 /05 /Mai /2009 12:49

Vendredi 17 avril 2009 ; Paris. - Dans une notre adressée au ministre des Affaires étrangères le 17 juillet 1961, de Gaulle écrivait : " Quand on ne veut pas se défendre, ou bien on est conquis par certains, ou bien on est protégés par d'autres. De toute manière on perd sa personnalité politique." Qu'on veuille bien s'interroger un instant sur ce que signifie la perte de toute personnalité politique en temps de crise : c'est la perte de la souveraineté c'est à dire de la capacité d'agir, de la capacité de vouloir, de la capacité de répondre aux défis du monde : privé de tout instrument pour y répondre, un pays attaqué par ce sur les multiples fronts, industriels, financiers et budgétaires de ce que l'on nomme « la crise », est balloté comme un bouchon dans l'Océan et la crise devient finalement une longue décadence. Quand de Gaulle écrit dans ses mémoires "il faut désormais que ce que nous faisons et disons le soit indépendamment des autres" il formule une exigence simple celle de tous les peuples libres - celle-là même aujourd'hui que nous avons presque complètement perdue de vue.

 

Il en va pour la défense comme toute volonté politique, de quelque ordre qu’elle soit, jusqu’au souci de civilisation. Comme l’a montré Jean-Paul II dans son discours de l’Unesco en juin 1980, tous nos attachements fondamentaux, nos traditions religieuses, notre langue, nos valeurs prennent vie dans le cadre de la Nation. Tout ce qui nous en détache nous livre à tous les vents dominants.

 

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